speaker-0 (00:00.078)
on se retrouvait à créer pour les réseaux et non plus pour notre plaisir ou notre business. Moi aussi, à un moment donné, je me mettais à la pression disant, j'ai pas posté aujourd'hui ou je vais pas pouvoir poster demain. Qu'est-ce que je pouvoir inventer pour ou qu'est-ce que je pouvoir peindre pour pouvoir exister, continuer à exister sur les réseaux ? Et à un moment donné, j'ai eu une espèce de coupure comme ça où je me dis, mais attends, pourquoi tu crées en fait ?
speaker-1 (00:25.548)
Vous écoutez Bien à mon compte, le podcast business et bien-être pour les indépendants qui veulent transformer leur activité en une source de revenus réguliers, d'impact et d'épanouissement.
Je m'appelle Kasia, je suis à mon compte depuis 2009 et je suis bien placée pour savoir qu'être indépendant c'est une aventure passionnante. Mais parfois c'est aussi se sentir seul face à des défis complexes. des clients, jongler entre les projets pro et la vie perso, ou encore traverser des périodes de doute et de creux, surtout quand on est hyper sensible et cérébral comme moi. Dans ce podcast, je partage des stratégies concrètes pour se faire connaître et signer plus de clients.
Des outils pour calmer les ruminations et les montagnes russes émotionnelles, ainsi que des interviews d'indépendants inspirants qui montrent les mille une façons de s'épanouir à son compte. Alors si tu veux plus de clients, plus de plaisir et plus de sécurité dans ton activité indépendante, écoute l'épisode d'aujourd'hui.
speaker-1 (01:17.23)
Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de Bien à mon compte. Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Laura Merle qui est aquarelliste et autrice de plusieurs ouvrages sur l'aquarelle. Laura, est-ce que tu veux bien te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?
speaker-0 (01:25.422)
Bonjour.
speaker-0 (01:29.198)
Je m'appelle Laura, je suis aquaréliste et autrice et également enseignante en collège. Je partage sur les réseaux sociaux depuis 2018 mon activité en tant qu'aquaréliste et autrice.
speaker-1 (01:44.766)
le choix de travailler tout en étant à ton compte ? Est-ce que c'est un choix stratégique ? Est-ce que c'est un choix délibéré ou est-ce que c'est un choix en attendant de...
speaker-0 (01:51.406)
Ça s'est fait un peu naturellement en fait. La façon dont j'ai démarré là-dedans, j'avais pas forcément d'intention. C'est parti vraiment d'un besoin que j'avais à moment donné, c'était en 2017, fin d'année 2017, de m'éloigner de ma posture d'enseignante à un moment donné. De retrouver ma pratique parce que ça faisait des années que je l'avais un peu mise de côté. Ce qui est un peu étonnant quand on sait que je suis enseignante en art plastique. Je pratique dans mon métier, mais je ne pratique pas pour moi. Et à un moment donné, j'ai eu besoin et j'ai eu du temps pour moi, pour ça. Puis j'ai commencé à peindre donc d'abord pour moi dans mon coin.
Et YouTube n'était pas autant investi par les artistes aquarellistes qu'aujourd'hui. C'était avant le Covid, avant tout ça. Et je suis tombée sur une aquarelliste en particulier qui s'appelle Iraville dont j'ai beaucoup aimé l'univers. Il faut savoir qu'à l'origine, quand j'ai vraiment commencé à reprendre la pratique de l'aquarelle, c'était plutôt l'illustration jeunesse qui m'intéressait. J'ai été bercée toute mon enfance par les illustrations de Marcel Marlier. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'illustrateur des Martins.
Ces magnifiques illustrations aux pastels à la gouache, de crayons couleurs, d'aquarelles. Il était un peu dans le mix média. Il a eu des périodes comme ça où il a pioché un peu dans tout son répertoire graphique. Et c'était surtout un fabuleux dessinateur. Il créait des mondes comme ça, très réconfortants, très rassurants. C'est les genres de choses qui m'attirent. Et puis techniquement en parlant, c'est fabuleux. S'il a un artiste à copier, si on a envie de progresser aussi dans le dessin, c'est le genre d'artiste que je trouve vraiment...
Pour tout ce qui de la figure humaine, les paysages aussi. trouve que c'est un artiste vraiment inspirant. Au début, c'était vraiment ça, Enjoy la môme, notamment. C'est un peu ce pseudo un peu enfantin aussi. Pour diverses raisons, c'est que je m'intéressais notamment à l'illustration jeunesse et j'ai cherché un peu des choses dans les termes qui me correspondaient. Enjoy pour le côté enjoué, c'est un mot qui symbolise le plaisir, l'entrain, etc.
Et la mom' c'est un pseudo qu'on me donne dans le privé de certains amis d'un certain âge m'appellent comme ça et je trouvais que ça sonnait bien et que ça aurait bien collé pour l'illustration jeunesse, etc.
speaker-1 (03:49.474)
Le moment où tu reprends l'aquarelle en 2017-2018 est le moment où tu es autrice publiée avec un compte Instagram, un compte YouTube.
speaker-0 (03:56.43)
3 petites années qui se sont passées. qu'en fait, c'est vrai que le dessin, tout ça, comme je te disais, ça remonte à loin. La première vidéo que j'ai postée, c'était en 2018. Et je crois que c'était la vidéo de mon nuancier personnel. Il fallait bien démarrer quelque part. Donc c'était de swatcher les couleurs de ma palette que je m'étais offerte. Et ensuite, très vite, dès la troisième vidéo, je suis retombée dans la pédagogie. Je dis ça parce qu'en fait, à la base, je voulais m'éloigner de mon métier d'enseignante. Voilà, j'étais un petit peu fâchée avec le monde de l'enseignement, pour se passer un temps.
et j'avais besoin de me retrouver plus en tant qu'artiste. Et finalement, vite, le naturel revient au galop. Je suis retombée dans la pédagogie avec mes premières vidéos YouTube où j'ai commencé à montrer ce que je faisais, où j'ai commencé finalement à diffuser les techniques et tout, et c'est ça qui a créé un un engouement. Donc pendant deux ans à peu près, j'ai fait un peu les trucs dans mon coin sans trop réfléchir à ce que ça allait donner. C'est ça aussi, je n'avais pas forcément de ligne d'objectif à tenir, j'ai juste envie de pratiquer.
C'est vraiment en 2020. Il y a une bascule où ça démarre vraiment. J'ai sorti ma série de vidéos sur les bases de l'aquarelle qui a vraiment bien fonctionné. J'en ai créé des contenus également sur Insta. c'est là que naturellement, sans trop y réfléchir, j'ai créé une espèce d'écosystème autour de ce je faisais. Ça s'est fait vraiment comme ça sans y réfléchir. Le fait de poster à la fois sur Pinterest, là j'ai vraiment été toute azimut. Pinterest, Instagram, Facebook, YouTube, etc.
J'ai tendance à me recentrer aujourd'hui avec l'expérience, mais cette large diffusion a fait que j'ai pu intéresser diverses personnes, notamment mon premier projet rémunéré. Pour la petite anecdote, c'était une entrepreneuse américaine qui avait une petite entreprise autour de la vente de fruits exotiques, tout ça là-bas, qui m'a contactée et qui m'a demandé de lui faire son logo. J'avais un projet de calendrier de fruits et légumes, j'avais posté les croquis que j'avais ancrés sur Pinterest et sur Instagram et elle m'avait trouvée via ça.
Et la même année, j'ai été contactée par les éditions Airshare pour un projet d'illustration de livre de recette de Guy Favois. Je t'avoue que j'étais un peu surprise qu'une personne de ce milieu-là, dans ce domaine-là, et en plus de cette importance-là puisse être intéressée par mon travail. Moi, petite prof d'art plastique qui poste comme ça sur...
speaker-1 (06:12.206)
Tu savais combien d'abonnés tu avais à l'époque ?
speaker-0 (06:15.214)
Pas beaucoup. En fait, il y a eu plusieurs stades, mais j'ai stagné pendant très, très longtemps à 800 abonnés. 800, 800, abonnés, 1000 abonnés. c'est vraiment en fait suite à la publication de mes vidéos sur les bases et surtout quand j'ai refondé mes réseaux sociaux, j'ai mis mon compte à zéro. J'ai prévenu les gens, je bon, je remets à zéro, je repars à zéro. Vraiment, maintenant, ce sera accès, dessin, aquarelle, etc. Et à partir du moment où j'ai vraiment pensé...
mon visuel et mon parti pris sur les réseaux, que je voulais montrer, éviter de trop m'éparpiller, là, ça a commencé vraiment à plus progresser. Et surtout quand j'ai utilisé les vidéos courtes. Je ne plus quand est-ce que ça a apparu, les rails sur Instagram. Voilà, c'est ça. en fait, il y a eu vraiment espèce d'effet push comme ça, un moment donné où décomposter un réel, j'en un, j'ai fait un demi-million de vues, truc comme ça. C'est la seule fois.
speaker-1 (06:57.194)
Fin 2020, 2021.
speaker-0 (07:10.194)
Il y a eu une espèce de laps de temps de quelques mois où heureusement c'est tombé un moment où je postais pas mal. Donc j'ai eu pas mal de contenus qui ont été boostés comme ça naturellement et ça m'a profité en fait. Ça s'est redescendu après, ça a été un peu plus fluctuant par la suite. Il y eu des hauts et des bas sur les algorithmes et donc j'ai commencé à toucher beaucoup plus de monde. Ce projet-là en tant qu'illustratrice, ça a quand même amené de l'intérêt mais pas forcément des gens qui étaient aquarellistes mais plus des gens qui s'intéressaient à moi en tant qu'illustratrice.
Donc il a ça aussi dans la démarche, c'est qu'est-ce qu'on est, est-ce que je suis aquarelliste ? Je me suis cherchée pendant très très longtemps où j'ai essayé de bouder un peu le côté pédagogique et je me suis rendue compte au bout d'un moment qu'en fait les gens me reconnaissaient vraiment plus en tant que pédagogue. C'est suite justement au premier livre qui s'appelle Les bases de l'aquarelle. Donc c'est en 2022 que j'ai été contactée par Un Dimanche Après-Midi par Alexis. Donc il un éditeur indépendant, c'est avant de me coucher un soir, je reçois un mail.
Bonjour, j'ai un projet de livre, je connais votre travail, etc. ce qui marrant, c'est que c'était vraiment le livre. Si j'avais dû faire un seul livre, ça aurait été celui-ci. Un livre vraiment approfondi sur les bases, donc ça tombait vraiment à un moment où j'étais un peu plus justement en train de poster des tutos, ma communauté grandissait. Alors je sais plus à combien j'étais à ce moment-là. Je ne pas, je devais être à 10 000 abonnés, quelque chose comme ça.
speaker-1 (08:26.35)
Ce qui est raisonnable, ce n'est pas non plus excessif pour qu'on te propose un livre.
speaker-0 (08:29.87)
Ouais, c'est pas excessif du tout, même moi, je suis même pas sûre que j'étais au 10 000 à ce moment-là. Je suis même pas sûre. Et c'est marrant parce que Alexis m'a trouvée via Pinterest. C'est un peu un réseau secondaire pour moi où je poste comme ça pour être présente, pour montrer ce qu'on fait, pour, voilà, encore une fois créer des communications entre les différents réseaux, le site, etc. Et j'étais repérée comme ça. Et donc là, ça a commencé, j'ai signé pour ce livre.
speaker-1 (08:52.654)
qui au passage est vraiment super. Je le recommande à toutes les personnes qui veulent se mettre à la querelle parce qu'on part vraiment du tout début. n'y a pas besoin d'avoir une pratique de dessin ou d'art avant et tu expliques bien les choses de pourquoi on obtient certains effets. Tu donnes des exercices déjà pour s'entraîner le geste et ensuite tu donnes des projets qui sont très jolis en plus. Peut-être parce que tu es prof et que tu as cet esprit pédagogique mais c'est vrai que c'est très clair et progressif et on se voit.
speaker-0 (09:16.366)
Pourquoi ? T'as envie ? C'est marrant parce que tu vois, j'ai beau être prof depuis... Depuis que j'ai passé le KPS en 2011, donc ça fait quand même un petit moment que j'enseigne et je me rendais pas compte que ça se voyait autant dans ma façon d'expliquer, même au quotidien, des fois, quand j'explique quelque chose, apparemment ça se voit que je suis prof. Et donc que ça ressorte à ce point là sur un livre, vraiment, c'est vrai que ça a été conçu comme un manuel un peu. Alors oui, pour les débutants, mais avec le recul...
un certain type de débutant qui veut vraiment approfondir, on va dire, faire ses gammes. Moi, j'avais vraiment fait le parallèle avec la musique où on fait ses gammes. C'est une application académique de la technique et après l'idée, c'est de s'en départir justement, de se l'approprier, de faire ses propres expériences.
speaker-1 (09:57.878)
Et ça a toujours été la chorale ou t'avais d'autres passions créatives ?
speaker-0 (10:01.518)
beaucoup. Je vais peut-être pas toutes les lister. Déjà, toute petite, j'adorais bricoler des choses, fabriquer des choses, des petits meubles en carton, des trucs comme ça. Si ma mère entend ce podcast, elle va se sourire, je pense, parce que le nombre de fois où elle m'a arrêté le soir, parce que j'ai toujours été du soir, de bricoler des choses, je dessinais pas mal aussi. Mais la première pratique vraiment, on va dire, régulière que j'ai pu avoir, c'était le modelage sur argile.
parce que je viens d'un village du sud-est de la France dont c'est l'artisanale locale. J'avais découvert ça à la maternelle et j'avais adoré le contact avec la matière. J'en ai fait régulièrement après, jusqu'à mes 14-15 ans. La maison des parents est remplie de plein de choses modelées en argile. Le dessin a vraiment été la pratique la plus longue durée que je peux avoir. Le dessin avec toutes sortes d'outils, crayons, fusins, pastels, etc.
J'ai testé un peu la peinture à la fac, des choses comme ça, et l'aquarelle un petit peu au lycée, mais c'était vraiment un accessoire. Je le faisais dans mes carnets d'aquarelle, un petit peu de couleur, tout ça. Mais c'est vraiment 2017. Alors l'aquarelle, parce que c'est pratique, fait, ça demande pas beaucoup de matériel à partir du moment où on reste, où on arrive à se contrôler dans les magasins Beaux-Arts.
Ça ne pas beaucoup de place pour s'installer. Il a un côté le coffret. L'objet en soi, le trouve super. Il y a tellement de possibilités. L'aquarelle, on peut avoir des choses très intenses ou très légères. C'est très modulable et ça, me plaît énormément.
speaker-1 (11:38.542)
Et puis il l'eau qui est le troisième facteur, la troisième dimension qui fait toute la beauté mais aussi la difficulté de l'aquarelle.
speaker-0 (11:44.942)
qui est le personnage principal. Il faut apprendre à le dompter et fait, pas en avoir peur. Au contraire, il faut se tromper. pour le coup, j'encourage les gens à pratiquer, à se tromper. Récemment, j'ai fait des ateliers autour du carnet de recherche. Ça a débloqué pas mal de choses chez moi, commencer. Etant perfectionniste de nature, très perfectionniste, le côté peu rigide, va dire. Le fait d'avoir un carnet personnel, ça m'a vraiment appris à lâcher prise.
et un carnet de recherche où on peut barbouiller comme on veut, mettre un coup de pinceau comme ça et pas trop s'embêter. Et finalement, ça devient un espèce de stock d'idées, de réservoirs, de progression aussi. On peut voir notre progression.
speaker-1 (12:27.346)
Je te demandais comment tu te partages avec ton travail, mais est-ce que tu souhaites passer à plein temps aquarelliste et autrice ou est-ce que tu te sens bien à avoir ton métier de prof d'un côté et ta passion créative qui est aussi un business de l'autre ?
speaker-0 (12:40.792)
Alors au tout début pas du tout, j'ai envisagé pas du tout, il fallait que ça prenne forme déjà évidemment. Mais quand j'ai commencé notamment le premier livre, tout ça, j'ai commencé à envisager, me dire si mon travail intéresse suffisamment pour je puisse écrire un livre, que ma communauté grossit de plus en plus et même en faisant des ateliers, je me dis ça peut, si c'est bien structuré, amener une source de rémunération suffisante on va dire pour pouvoir en vivre. Mais je ne cache pas que ça fait quand même un petit peu peur.
surtout n'étant pas du tout de ce milieu-là. C'est-à-dire que je n'ai personne autour de moi, ou en tout cas pas dans ce domaine-là, peut me rassurer ou tout cas m'apporter des éléments pour me permettre de m'appuyer dessus. Enfin, il a mon compagnon aussi qui cumule aussi les casquettes. Donc on est, ça pour le coup, dans ma vie perso. Avec mon compagnon, effectivement, on est tous les deux à la fois enseignants et entrepreneurs. Donc là-dessus, c'est lui qui me forme beaucoup.
Lui, est dans l'édition, fait, graphiste et édition. Il aussi dans ce qui est Internet, création de sites. Donc en fait, on est assez complémentaires. Moi, je suis plus réseau sociaux, on va dire, tout ce qui est community manager, stratégie, volet de communication. Et lui, est plus dans la structuration d'entreprises, plus technique à ce niveau-là. Donc pour l'instant, j'ai quelque chose d'un peu hybride, où je suis donc enseignante à plein temps et j'ai mon activité que je mène sur mon temps libre.
Je me suis organisée de manière à pouvoir me libérer un maximum de temps.
speaker-1 (14:05.518)
Comment tu t'organises justement ?
speaker-0 (14:07.8)
Alors, je travaille beaucoup le soir, déjà. Et au niveau de l'organisation, depuis quelques années, je planifie mes semaines d'une semaine sur l'autre où je répartis mes tâches pour me faire des tout doulisses de 10 trucs par jour et en fait, je n'y arrive pas. Et ce qu'il toujours des imprévus, la fatigue aussi qu'il peut y avoir, etc. Donc j'ai bien déterminé les moments où je suis vraiment fraîche et dispo, où je peux vraiment peindre. Parce qu'il a ça aussi, c'est que pas la bureautique ce que je fais, ce n'est pas être devant un tableau Excel, le remplir, etc.
J'ai besoin d'être vraiment là pour pouvoir me mettre dans mon sujet, le peindre, notamment quand je filme pour faire des tutos, des trucs comme ça. J'ai besoin que ce le bon moment. Et ça, c'est un peu difficile quand on est créatif. C'est pas forcément toujours sur commande, quoi. Enfin, c'est même jamais. Il faut se mettre en condition. On a besoin de contextualiser un petit peu notre... Ça peut venir comme ça sous la douche, comme ça peut mettre du temps à venir et se dire, là, aujourd'hui, j'arrive à rien. Il y a ça aussi, c'est que je peux me libérer une demi-journée et en fait ne rien produire de concret.
Et d'autres fois, je vais avoir 10 minutes et en fait être hyper productif. Je grossis un peu le trait, mais en une heure, vais être plus productif que sur une demi-journée parce que j'ai le flow. Donc je me...
speaker-1 (15:14.414)
Mais comment tu fais dans ce cas-là ? Quand tu t'es libéré du temps, de ton métier, de ta vie en disant bon, aujourd'hui, j'avance sur tel truc, y'a rien qui sort.
speaker-0 (15:22.382)
Si il rien qui sort, j'ai toujours 36 trucs à faire. Je peux switcher entre différentes tâches. va être par exemple m'occuper de mon site internet, planifier du contenu pour les réseaux, ça m'indique de rien, ça prend du temps. Ensuite, je vais tester un peu des choses, notamment dans mon carnet. vais me faire un peu comme les sportifs. On va se chauffer un peu. Et puis à un moment donné, vais me lancer. Chose que je ne faisais pas forcément au tout début, c'est-à-dire le côté perfectionniste encore une fois.
C'est-à-dire que je voulais que ce soit bon tout de suite. Parce que je dessine depuis tant de temps, donc je dois y arriver, alors que non, des fois, la connexion entre la main et l'œil ne se fait pas. Ou l'idée est la main. il faut... Je ne pas à quoi c'est dû. Je pense que c'est des barrières mentales qu'on se met. Vraiment. Je pense que c'est purement psychologique. Je pense qu'on part perdant et du coup, on n'y arrive pas. Ça, je m'en suis pas mal débloquée grâce au carnet. Je reviens toujours. J'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup moins de moments comme ça.
ou j'arrive pas depuis que je fais ça.
speaker-1 (16:24.11)
Moi c'est exactement l'inverse, le fait d'avoir un carnet ça me stresse parce que ça fige un peu, me dis non mais faut pas que je gâche les pages 100 % coton de ce vaucarnais, donc moi ce qu'ils mettent c'est les failles volantes de me dire je vais faire un truc, c'est moche, si ça me plaît pas c'est pas grave parce que je pouvoir jeter.
speaker-0 (16:37.23)
Ça, faut pas le faire. Justement, c'est marrant. Très récemment, ça a été vraiment le sujet de mon dernier atelier. Et c'est parti vraiment d'un truc que j'ai posté. Pour le coup, j'avais aucune intention, aucune stratégie derrière. J'ai montré tout simplement un carnet que je n'étais pas censée montrer à la base. Alors, c'est un carnet coton. Justement, j'avais arraché une page et ça m'a frustrée, que je l'ai mis de côté pendant longtemps. dis, un carnet coton. Et finalement, moi aussi, je peins beaucoup sur des chutes de papier.
Et je jetais beaucoup. Et encore une fois, c'est mon compagnon qui m'a dit, mais arrête de jeter, tu mets dans le tiroir et tu verras plus tard. Et en fait, il s'est retrouvé son bureau quand on a déménagé avec un tiroir rempli de mes chutes d'aquarelles. Et en fait, c'est ça qui a fait que je les ai récupérées. Et je me suis dit, c'est dommage effectivement de les jeter. Il y a des trucs que je pourrais rassembler par couleurs, par thèmes, etc. Et j'ai commencé à découper mes chutes de papier et à les coller dans mon carnet et à compléter ma page par des annotations, par des recherches d'aquarelles.
Et ça a commencé à me plaire et finalement, ce carnet, je l'ai quasiment fini. C'est-à-dire que là, en un ou deux mois, je vais avoir quasiment fini un carnet que j'avais mis de côté pendant deux ans. J'ai hâte presque d'y repeindre dedans parce que justement, je ne prends pas la tête. Moi, je te conseillerais de faire ça.
speaker-1 (17:52.27)
Combien de tu passes à créer, à faire de la recherche créative juste pour toi ? Combien de tu passes à créer du contenu ? Combien de tu passes sur la partie un peu plus admin, gestion de site web et des mails ?
speaker-0 (18:03.15)
La partie créa, je pense qu'on va retomber sur du 80-20. Si tu connais la loi de Pareto, pense qu'elle régit un peu tout. 80 % de résultats proviennent de 20 % de ce que l'on fait. Et ça, je l'applique autant dans mon métier d'enseignante que dans mon travail d'aquarelliste. En fait, 20 % c'est la créa finalement. J'essaie de renverser un peu la tendance là en ce moment parce que j'ai vraiment besoin de pouvoir produire plus pour arriver à ce que je veux faire. Faire progresser mon style, déterminer une palette, etc. Tout ça, ça se fait pas en...
très peu de temps, ça se fait vraiment beaucoup plus sur le temps. Généralement, la création va dire 20-30 % de mon temps et le reste du temps, va être une fois qu'on a filmé, monter la vidéo, doubler la vidéo, retoucher les images, créer les posts. Ensuite, ça va être quand je fais un atelier, créer le flyer pour faire l'atelier, communiquer dessus, créer la newsletter et puis évidemment toute la partie administrative, la compta, etc. pour l'activité. L'un dans l'autre,
J'ai fait beaucoup plus de cras à mes débuts et dès que ça commence à devenir un business, on se rend compte que dès que je suis sortie vraiment de l'illustration pure et dure où vraiment tout est basé sur notre création, quand j'ai beaucoup plus pris le parti pédagogique, là la tendance est inversée. On fait plus pratiquer les autres que soi-même finalement.
speaker-1 (19:20.172)
Il te faut combien de pour faire une vidéo par exemple du début jusqu'à la publication ?
speaker-0 (19:24.738)
Alors ça dépend quel type de vidéo. Si c'est un Reads, ça peut prendre deux heures entre filmer, faire le montage, le pot, si vraiment je suis à fond dedans, ça peut prendre deux heures, voilà, sans compter répondre après aux commentaires et tout. Parce qu'il ça aussi, y a toute la gestion de la communauté qui pour moi est un pan hyper important. Et pour une vidéo YouTube, ça peut prendre plusieurs jours. Ouais, même en m'y consacrant, imagine que je fasse ça le week-end, ça peut me prendre facilement tout le week-end pour tout.
parce que j'ai appris toute seule. Peut-être que je serais beaucoup plus efficace si je me formais vraiment là-dessus, mais j'ai appris par mes propres moyens. Il y a peut-être des choses qui me prennent beaucoup plus de temps et à tous les niveaux. C'est-à-dire, autant même le dessin. J'aurais aimé avoir quelques cours de dessin dans ma jeunesse qui m'auraient permis de gagner un peu en rapidité ou en assurance. Mais tout ce qui est réseaux sociaux, gestion du site Internet, le copyrighting, ça me parle pas mal. Donc il y a des...
prends force sur le cas où peux m'appuyer mais tout ce qui un peu technique, j'apprends vraiment sur le tas. Encore une fois, mon compagnon qui m'a ouvert à Dope Première, qui m'a ouvert un projet, il m'a dit voilà, tu mets ça là-dessus, tu coupes là, tu coupes là et puis après tu te débrouilles.
speaker-1 (20:36.366)
Comment tu le vis, toi, cette présence des réseaux sociaux dans ta vie, dans ta pratique ?
speaker-0 (20:41.678)
C'est un peu ambigu, il y a eu différentes périodes depuis 2018 où j'ai commencé. Au début, c'est vraiment l'aspect vitrine qui est très intéressant pour un artiste de montrer ce qu'il fait et c'est une bonne façon de diffuser son travail, de sortir un peu du côté local. Le côté vitrine est vraiment intéressant, il faut bien l'exploiter, même les visuels sont très importants. Après, ça crée également du lien avec la communauté, pour moi ça c'est essentiel, pourrais pas, fait à un moment donné je me suis posé la question.
En 2023, j'ai eu vraiment une espèce de crise avec les réseaux sociaux qui étaient sans arrêt en train de changer l'algorithme. Un coup ça marche, un coup ça marche pas, on fait les choses pareilles et ça marche plus. On était un peu malmenés. Et je me suis vraiment demandé, est-ce que ça vaut le coup vraiment que je m'épuise à être sur les réseaux pour un résultat qui n'est pas forcément... Là, j'ai eu une longue traversée du désert, et quand on démarre, ça peut démarrer d'un coup comme ça peut prendre beaucoup de temps aussi.
Comme je disais, il a les points positifs, le côté vitrine, le lien avec la communauté, ça permet de prendre le poudre et de de connaître les attentes aussi de sa communauté, parce que quand on est là-dessus, c'est hyper important, c'est un outil pour développer son activité évidemment, on peut informer, etc. Mais passer un temps, ça peut être vraiment épuisant, parce que justement les changements d'algorithmes, un coup on nous dit, il beaucoup poster, un coup on nous dit, non, il pas beaucoup poster, il faut bien faire ses accroches.
Et en fait, c'est un boulot à part entière. Et j'étais tombée sur la vidéo de Cindy Barillet que j'ai écoutée presque en boucle. Non pas en boucle, mais je l'ai écoutée deux, trois fois où elle parlait du fait qu'elle quittait Instagram. Je crois que YouTube aussi, je crois que c'était...
speaker-1 (22:06.23)
que j'ai vu également.
speaker-1 (22:17.486)
YouTube elle est toujours sur YouTube. contexte, Cindy Barry est une artiste pasteliste essentiellement. Elle fait beaucoup de pastel, pastel sec. Et il a un an, elle a décidé de quitter les réseaux, elle l'explique dans une vidéo sur YouTube. Mais elle est restée sur YouTube. C'est pas sûr qu'elle reste, mais tout cas d'abord c'est Instagram qu'elle a excitée. Et sa vie n'a pas changé. Elle a fait une vidéo un an plus tard pour dire comment elle est vieille.
speaker-0 (22:39.886)
Avec d'autres aquarilistes, suite à ça, c'était un ressenti général des aquarilistes, des artistes de ma génération, va dire. Deux artistes comme Saléandre, Anne-Claire, pareil qui aquariliste et aussi enseignante. Donc elle aussi, a la double casquette. Ou Julie Simon qui, pareil, est enseignante et également aquariliste. J'ai pu me rapprocher de ces aquarilistes-là et à un moment donné, effectivement, on a discuté de ça. Ça, a été une vraie problématique parce qu'on se retrouvait à créer pour les réseaux et non plus pour notre plaisir ou notre business.
Moi aussi, à un moment donné, je me mettais la pression disant, j'ai pas posté aujourd'hui ou je vais pas pouvoir poster demain, qu'est-ce que je vais pouvoir inventer pour... ou qu'est-ce que je pouvoir peindre pour pouvoir exister, continuer à exister sur les réseaux ? Et à un moment donné, j'ai eu une espèce de coupure comme ça où je me dis, mais attends, pourquoi tu crées, en fait ? Qu'est-ce qui reste finalement de ton activité ? Si t'as vraiment envie d'en faire une activité à part entière, c'est pas comme ça qu'il faut faire les choses. Et c'est vrai que j'ai commencé à me concentrer un peu plus sur certains réseaux.
Une solution que j'ai trouvée, déjà d'une, c'est de créer Manusilator pour contrer un peu ce côté réseau sociaux que si à un moment donné je veux faire une pause, même prolonger, je garde toujours un lien avec ma communauté. Je peux aussi me faire striker, parce que ça arrive, des gros comptes, peux me faire pirater mon compte et tout ça, le lien est coupé. voilà, j'ai vraiment un peu vu les scénarios catastrophes.
speaker-1 (23:58.164)
Tu perds tout, du jour au lendemain.
speaker-0 (23:59.95)
tu perds tout du jour en main ou d'avoir la newsletter, un site internet. C'est des moyens aussi d'être complètement indépendant des algorithmes et de pouvoir mener sa barque en dehors de ça. Et également de me restreindre à vraiment un ou deux canaux pour continuer à poster ce que je faisais, donc en l'occurrence Instagram et YouTube.
Alors YouTube que j'ai mis un peu de côté suite à tous les livres, l'enchaînement des livres, des travaux d'édition que j'ai dû faire, là je n'avais plus du tout le temps de faire les vidéos, comme je te disais, ça peut prendre plusieurs jours. Quand je disais deux jours, c'était vraiment quand ça fonctionne, que j'ai mon script et tout, que ça déroule quoi. Mais sinon, ça peut me prendre beaucoup plus longtemps. Donc j'ai restreint. Pour arriver à trouver un équilibre, pas m'épuiser, garder les bénéfices parce qu'il faut pas oublier que les réseaux sociaux...
Ils ne servent pas les créateurs, servent avant tout les utilisateurs, donc ils s'adaptent avant tout aux utilisateurs, ils ne pas là pour satisfaire les créateurs. Une fois que j'ai compris ça aussi, ça m'a permis de remettre les choses en place en disant, ils n'ont pas besoin de nous. Ils ont besoin de nous aussi, mais ce pas nous qui les préoccupons le plus, c'est les utilisateurs. C'était ma réflexion en tout cas sur les réseaux. Pour l'instant, je reste.
speaker-1 (25:14.062)
tout cas, question que tu t'es posée dans ton cercle professionnel d'aquarelliste, est posée dans tous les cercles de gens qui comiquent sur Instagram. Le fait est qu'Instagram a énormément shifté depuis l'arrivée de la vidéo. Moi, j'y suis depuis 2012. J'ai vu plusieurs vagues d'évolution et c'est vrai que ça peut être perturbant. J'ai vu notamment que les créateurs de contenu étaient l'une des populations professionnelles les plus sujettes au burn-out, notamment pour ces raisons-là. Quand on ne gagne pas de dépend de ton nombre de vues, ça peut être très stressant de voir tout d'un coup quelque chose qui fonctionnait, qui cesse de fonctionner.
tu ne sais pas pourquoi, tu as l'impression que c'est toi peut-être qui n'intéresse plus alors qu'en fait c'est l'algorithme qui favorise un certain type de format ou un certain type de contenu.
speaker-0 (25:51.534)
Et ça rémunère pas. plus, pas oublier qu'Instagram ne rémunère pas. Donc, à la limite, nombre de vues, moi ça, ça m'a aussi, à moment donné, me suis dit, ben oui. Parce qu'il a TikTok, par exemple, c'est pareil, TikTok c'est une autre machine infernale où effectivement, dès qu'on fait plus de vues, il a plus rien. Mais YouTube, par exemple, il a quand une petite rémunération. Bon, c'est pas non plus mirobolant, mais ça existe malgré tout. C'est-à-dire qu'il a quand même un échange de bons procédés, on va dire. Ça incite quand même à justement performer là-dessus. Mais c'est vrai qu'Instagram, c'est un peu...
C'est un peu cisif, quand on monte notre caillou il redescend tous les jours finalement. La seule rémunération ça va être justement d'aller chercher les gens, d'utiliser ce réseau comme un canal de communication pour ensuite amener vers son site internet, son produit, sa formation, son atelier, etc. Et ça c'est des questions qu'il faut se poser. se faire un peu moins malmener par les algorithmes, il faut arriver à savoir pourquoi on est sur les réseaux, à quoi ils nous servent et toujours se replacer, replacer notre business quand c'est un business.
Parce que après si on est un artiste juste comme ça et que c'est vraiment plus pour le plaisir et avoir une galerie d'images, un endroit où on stocke, on va dire, travail, bon là il n'y a pas de questions à se poser. Mais quand on veut monter vraiment une activité professionnelle, là il faut vraiment se poser des questions. En fait je suis aquarelliste, community manager, je gère mon site internet, je fais aussi mon copywriting, et je suis présente quand il y a des ateliers, des choses comme ça. Le temps n'est pas extensible donc il faut faire des choix.
et ne pas se perdre. C'est vrai qu'à un moment donné, j'étais pas super bien vis-à-vis des réseaux sociaux parce qu'il y a eu ce grand pic à un moment donné au début. me disais, je fais 250 000 vues sur mes trucs. Bon, ça m'amenait pas forcément beaucoup de gens parce que justement, j'étais pas assez nichée, on va dire, au début. C'est un peu un « t'aime moins non plus quoi.
speaker-1 (27:33.568)
C'est un concept dont je parle beaucoup dans mes contenus à moi, c'est que tu peux avoir peu de vues, mais ça te rapporte des clients. Et à l'inverse, tu peux avoir énormément de vues, mais zéro client derrière ou zéro opportunité professionnelle parce que ce ne sont pas les mêmes marchés.
speaker-0 (27:45.358)
J'ai écouté ce podcast, était super intéressant. me suis dit qu'il m'a fallu du temps avant de faire cette démarche-là. Aujourd'hui, c'est un peu plus équilibré, mais ce pas évident. C'est pour ça que j'ai des podcasts comme le tien.
speaker-1 (27:57.39)
Écoute, j'en suis ravi que ça serve. Et qu'est-ce que tu recommanderais à quelqu'un qui veut se lancer ? Mais aussi, quelles sont les obstacles, notamment internes, que tu as dû surmonter ou tu as eu à surmonter au début pour passer, entre guillemets, professionnel
speaker-0 (28:10.028)
Déjà de se lancer, surtout si on n'est pas sûr. Si vous êtes perfectionniste comme moi. Ça, justement, ça va beaucoup aider finalement l'auto-entreprise pour ça. Il faut expérimenter, il faut faire les choses, il faut se planter aussi, ça fait partie. C'est comme ça qu'on sait ce que le niveau de progrès qu'on a encore à accomplir. Parce que si on réussit tout du premier coup, tant mieux, mais on n'apprend rien. Je conseillerais également, si vraiment dès le départ, il y a quand même cette petite graine d'idée de développer une activité, c'est de se projeter quand même sur un minimum.
d'avoir une vision quand même un petit peu de nos points forts. faut arriver à se poser un moment donné. Ce que j'ai pas fait pendant trop longtemps, c'est-à-dire qu'au début je voulais être illustratrice, alors qu'en fait je suis pédagogue. Et c'est pas la même chose. Faire de l'illustration, c'est-à-dire être prestataire de services finalement, répondre à des commandes et être pédagogue, c'est-à-dire partager du contenu pour apprendre aux gens, faire des ateliers, etc. C'est pas du tout le même métier. Et ça pendant trop longtemps, j'ai voulu tourner le dos à ça et ça m'a fait perdre du temps finalement.
Donc pour ça, c'est bien de se poser, de savoir ce qu'on aimerait faire, de se projeter dans quelques années ou même quelques mois ne serait-ce que ça déjà.
speaker-1 (29:17.87)
Mais ça ce que tu décris c'est super important parce que c'est cas de beaucoup de passionnés quand ils se lancent, ils veulent faire tout, expérimenter tout, ils veulent pas se bloquer, se fermer des portes. Mais en fait on a plus de chances de se retrouver bloqué en pensant comme ça qu'en choisissant entre guillemets une spécialité, une niche ou en assumant un point de vue. Ça va beaucoup plus vite quand on assume un point de vue et c'est plus facile de devenir plus généraliste une fois qu'on a fait son petit trou, que les gens nous connaissent et que ça y le business tourne, que l'inverse.
speaker-0 (29:35.01)
Oui, c'est ça.
speaker-1 (29:46.585)
de démarrer généraliste et de se spécialiser au fur et mesure quand on sait ce qu'on Donc c'est toujours un pari et c'est douloureux parfois parce que tu vois ce que tu dis il faut avoir de l'humilité, il faut pouvoir se dire ben je serais pas illustratrice, mon truc c'est la pédagogie. Peut-être tu vois l'ego pourrait dire non mais je veux être artiste, je veux qu'on vienne me chercher, qu'on me propose des contrats d'illustration, je dis ça mais ça veut pas dire que ça n'arrivera pas. Mais à un moment tu t'es positionné sur la pédagogie et c'est peut-être parce que tu t'es positionné sur la pédagogie que tu vas avoir ces contrats derrière.
speaker-0 (29:58.571)
Oui.
speaker-0 (30:14.456)
C'est exactement ce qui s'est passé. C'est à partir du moment où j'ai pris le temps d'assumer et de me dire « t'es prof, t'es prof, c'est comme ça, c'est ton truc » visiblement. Ça m'empêche pas de faire l'illustration, mais ça ne pas le domaine sur lequel je pourrais vraiment m'appuyer pour construire quelque chose de pérenne. Ça sera ponctuel. Comme tu disais, c'est-à-dire qu'on peut très bien construire une activité qui nous permet d'être rémunérés si vraiment on veut en vivre. Il faut d'abord se concentrer sur cette rémunération, d'avoir un socle suffisamment solide.
pour pouvoir après se permettre de faire un projet d'illustration, une collab sympa, mais voilà, de ne pas baser son activité là-dessus. Après tout dépend son profil, mais oui. Je te rejoins complètement, mais moi ça m'a pris du temps effectivement de me rendre compte de ça et d'assumer qui on est finalement. Je pense que c'est un peu la base de tout.
speaker-1 (31:03.15)
Je pense que ça prend du temps quand on n'a pas ce regard extérieur. je prêche un petit peu pour un paroisse. Forcément je suis coach et c'est ce que j'aide un peu mes clients à faire. Mais parfois on n'y arrive pas tout seul. Parce qu'on n'a pas ce recul là ou parce qu'on a trop d'angles morts, parce qu'on est trop attaché à une idée de soi. Un autre bénéfice pour moi c'est justement de stopper un peu le syndrome dans l'imposteur. Quand dans ta tête tu te mets dans une case pour dire faut que je sois bonne là-dessus, là-dessus, là-dessus, tu as plus de chances de te sentir illégitime. Parce que dans les faits, non, t'es pas bonne sur tout.
Mais il vaut mieux s'appuyer sur une force solide, tangible qu'on a, que sur trois sur lesquelles on ne se sent jamais complètement solide. L'important c'est de percer, c'est tout d'un coup d'exister sur le marché et ensuite on fait ce qu'on veut en fait.
speaker-0 (31:36.782)
Mmh.
speaker-0 (31:43.022)
et d'être bien avec soi parce que finalement quand on se voile un peu la face, c'est un peu ça. On se bloque soi-même en fait, on lutte contre soi. Le développement personnel est une grosse part de l'entreprise. disais ton travail et toi en l'occurrence est essentiel. C'est hyper important. Moi, pense que le coaching, tout ça, m'aurait probablement aidé au début justement d'avoir ce retour là dès le début. Ça m'aurait fait gagner du temps. Après, je ne regrette pas d'être passé par les différentes étapes. Mais en tant que micro-entrepreneur, entrepreneur, ce que tu veux, on est souvent seul.
et d'avoir des personnes comme toi, des ressources aussi en ligne pour pouvoir s'aider, c'est hyper important et c'est vrai qu'on est souvent seul. Donc on n'a pas ce miroir, ce retour qui nous dit, mais attends, point fort en fait, c'est ça ou t'es un peu dur avec toi, soit un peu plus sympa ou voilà. Ça fait partie effectivement du truc qui peut être un obstacle dans un premier temps. Moi, cela a été. Je n'en ai pas forcément souffert parce que j'ai toujours une double activité pour l'instant. Donc j'ai quand même ce loisir, ce luxe, on va dire.
de pouvoir me planter déjà d'une et de pouvoir prendre le temps en fait de gagner en maturité aussi, de m'informer, de me former et ça c'est hyper important. Sinon d'autres conseils que je pourrais donner c'est de savoir dire non. Il faut savoir dire non, surtout quand on démarre on a tendance à dire oui à tout et parfois à tomber dans des galères de projets qui ne nous apportent que peut-être le plaisir de les avoir faits.
si on est content, mais si on a vraiment une vision d'un business à monter, une ligne directrice, en général, ça nous aide déjà. Après, ça dépend de sa personnalité. C'est vrai qu'il des personnalités qui sont plus enclines, ça, à pouvoir vraiment poser les limites, le cadre, etc. Et d'autres qui osent pas en se disant, peut-être que là, je vais rater l'opportunité de ma vie, etc. Moi, maintenant, c'est ça exactement. Et savoir dire non, ça fait gagner beaucoup de temps, beaucoup d'énergie. Il ne pas croire que parce qu'on a dit non,
que tout va s'arrêter parce qu'on a refusé tel projet d'illustration, parce que j'en ai refusé pas mal. Enfin pas non plus. Je ne pas sursolicité, je n'ai pas une proposition par jour. là, notamment récemment, il a eu deux, trois projets qu'on m'a proposés. J'aurais dit oui à quelques années parce que le sujet me plaisait bien, machin. Mais c'était toujours en tant qu'illustratrice. Et moi, j'ai vraiment plus envie de développer l'aspect pédagogique. Et c'est pour ça que je me concentre davantage sur les projets qui peuvent...
speaker-0 (34:06.9)
m'aider à construire ça.
speaker-1 (34:10.094)
Mais déjà, tu as cette maturité de distinguer entre illustratrice et pédagogue. On pourrait dire, bah non, mais c'est le même métier, je peins. Tu vois ? Et l'exemple que tu donnes illustre très bien l'idée que chaque offre que tu as, c'est un business à part. Si tu as envie d'avoir deux business, OK, il a pas de problème, mais sache que chaque business, c'est un devoir de communication, un devoir de peaufiner ton offre, un devoir aussi de recherche et création. Je vois passer des vidéos un peu d'artistes un peu rebelles, voilà, qui disent, mais moi, j'ai pas envie de mettre dans une case et d'avoir mon style.
speaker-0 (34:16.846)
Mmh.
speaker-0 (34:22.591)
Oui, tout à fait.
speaker-1 (34:39.694)
...
speaker-0 (34:41.037)
C'est un stylon soi de faire ça.
speaker-1 (34:42.68)
Oui, mais il a ce que tu fais dans ton temps de travail et de création et il ce que tu vends. T'es pas obligé de montrer tout ce que tu fais et t'es pas obligé de vendre tout ce que tu fais et de te vendre en tant que artiste généraliste et tout le chatou. Plus t'es généraliste, plus t'es précaire et plus ton travail est mis en comparaison avec d'autres personnes.
speaker-0 (35:01.326)
Oui c'est ça ouais. qui m'a fait un peu le déclic, c'est que je possède des illustrations, les gens laïquaient, commentaient etc. Mais ce qui revenait le plus souvent c'est comment tu as fait ça, est-ce qu'il a un tuto ? Et là je me suis dit ah oui, là les gens ils me reconnaissent vraiment et ils ont l'habitude en fait que je fasse des tutos que j'explique comment faire telle ou telle plutôt que mon style. Et c'est là que je me suis dit...
En fait, c'est pour ça que ma communauté stagne, que je n'arrive pas à progresser, que je suis pas sur les bons projets, que suis pas sur le bon pilier. à partir du moment où j'ai fait un peu le ménage là-dessus et que j'ai redéfini ce dans quoi je pouvais vraiment progresser et m'éclater aussi, parce qu'en fait, ce n'est pas du tout à défaut que j'ai choisi. Il ne pas croire ça. Ce n'est pas du tout à défaut. C'est vraiment... À partir du moment où j'ai fait ça, je me suis sentie beaucoup mieux, déjà d'une.
et je me suis mis beaucoup moins de pression à produire des jolies illustrations, des choses comme ça. J'en fais toujours pour moi, pour le plaisir que je montre ou des fois que je ne montre pas effectivement ce que tu disais, de ne pas tout montrer. Et pareil, le carnet là où j'ai fait un atelier, à la base, ce n'était pas du tout prévu, ça s'est fait dans la semaine. Et donc après, il a des choses comme ça qui manquent un peu de structure. Mais il a ça aussi de structurer dès qu'on a vraiment sa vision, d'arriver à la structurer et de bien s'informer. Ça, c'est un autre conseil que je pourrais donner, de s'informer aussi sur tout l'aspect administratif.
qui, à un moment donné, va arriver. Et ce serait dommage que notre activité cesse pour une raison qu'on aurait pu anticiper. Moi, j'ai dû créer mon statut sur le vif, en fait, quand j'ai été contactée pour le projet avec Guy Savoie, pour le projet d'illustration. C'est là, ils m'ont dit, est-ce que vous avez un numéro de sirède ? J'ai fait, euh, non, moi, je fais ça. Ils étaient persuadés que j'étais professionnelle, en fait. Donc, quelque part, je me suis sentie flattée. me suis dit, ah, c'est que ce que je montre et la façon dont je le montre, c'est que ça fait suffisamment sérieux. Je n'avais pas encore de site internet. Tout ça, c'est venu après.
Et là j'ai dû créer mon statut et à partir de là effectivement ça a permis de poser les choses et là je me suis beaucoup informée sur ce que je pouvais faire, ce que je pouvais pas faire, tout l'aspect qui est un peu moins glamour mais qui est néanmoins nécessaire pour que ce soit une activité professionnelle ou autre à bien.
speaker-1 (37:08.967)
Tu parlais tout à l'heure de ton environnement professionnel. le monde de l'aquarelle, quel est l'état de tes relations avec tes collègues aquarellistes ? Est-ce que tu vois ça un milieu plutôt sympa ?
speaker-0 (37:17.56)
Ouais, c'est super. C'est une super communauté. Franchement, depuis 2018 vraiment que je suis présente sur les réseaux sociaux, j'ai dû avoir un ou deux commentaires désobligeants. Et encore, c'était vraiment soft. C'était sur une vidéo YouTube. Donc c'est une communauté vraiment sympa. Les gens sont super sympas. Alors c'est très féminin. Il a quand même un peu d'hommes d'ailleurs qui se démarquent et ça fait plaisir justement de voir que ça touche un peu tous les âges, tous les milieux professionnels. J'ai pu échanger avec plein de gens.
dans des métiers que je n'aurais franchement pas imaginé rencontrer. En tout cas échanger avec ce type de personnes, ce type de milieu. Et on est tous rassemblés par une passion commune et avec les autres aquarellistes. J'en ai cité plusieurs tout à l'heure. Il a Jennifer de Made by Jen que j'ai pu rencontrer au salon création et savoir-faire. Pareil pour Julie de l'herbier de dessin. On se soutient les unes les autres. Quand il en une qui sort un livre, on va le montrer, on va reposter.
Quand il une illustration qui nous plaît, on repose, dit allez voir ce que fait telle la créateur, la créatrice. On s'encourage, c'est vraiment très positif.
speaker-1 (38:23.622)
Ça a l'air chouette. Je suis un pied dans la communauté des tricoteuses.
speaker-0 (38:27.565)
oui, et ça c'est pas le même milieu, il paraît !
speaker-1 (38:30.84)
C'est un petit peu plus acerbe, J'y pense parce que tu parlais de ton public, ton audience qui interagit plus sur des contenus pédagogiques. n'a pas trop à avec l'aquarial, mais en fait, ce qui marche dans le milieu du tricot et du crochet, ce pas de vendre tes créations, c'est de vendre de la formation, c'est de vendre des patrons. C'est là que tu peux en faire vraiment un métier. Mais c'est vrai qu'avant de le découvrir, il tester. Parfois, tu pars bille en tête sur un business model en disant je vais gagner mon argent comme ça. Et puis, en fait, tu te rends compte que le marché, n'est pas du tout ce qu'il demandait.
peux pas juste dire « moi je veux vendre ça » et non, es obligé d'écouter un petit peu ce que dit le marché et de t'adapter si tu veux pouvoir en vivre.
speaker-0 (39:07.394)
Et en plus, se rend compte que le marché se base aussi sur l'image qu'on donne de soi. Sans m'en rendre compte, c'était une image de pédagogue et un travail de pédagogue que je partageais sans le savoir. que quand les gens me posaient une question sur une illustration, même si je n'avais pas fait de tuto, je finissais par expliquer les étapes du tuto. fait, finalement, je suis beaucoup plus en phase en tant que pédagogue qu'en tant qu'illustratrice, même si ça me plaît de faire des jolies illustrations et tout.
Ce qui me plaît, notamment quand j'ai un atelier samedi, j'ai hâte d'y être et de pouvoir partager un moment comme ça où on va être en train de peindre sur un sujet, on va me poser des questions. C'est un vrai échange. C'est vraiment l'essence même de ce pourquoi je fais ce que je fais et c'est aussi pour ça que je continue à enseigner.
speaker-1 (39:49.386)
Alors dis-nous Laura, où est-ce que tu te vois dans 5 ans
speaker-0 (39:52.086)
Alors dans cinq ans, pour ce qui est de mon activité, déjà là je suis sur la fin de mon troisième livre qui va paraître fin mai. J'ai hâte de pouvoir en parler un peu plus et de pouvoir partager tout ça. Moi j'aimerais bien continuer à développer davantage mon activité sur tout ce qui est atelier. Peut-être m'intéresser également à la formation, des choses comme ça. Vraiment purement pédagogique, voilà ça a vraiment développé des choses autour de ça.
et revenir un peu plus sur YouTube aussi. C'est un canal vraiment que j'ai un peu négligé du fait de mes projets d'édition qui m'ont vraiment beaucoup beaucoup pris de temps. Et j'aimerais développer davantage cet aspect-là, être à fond dans le pédagogique.
speaker-1 (40:36.396)
Et pourquoi pas apprendre à apprendre ?
speaker-0 (40:38.294)
Voilà, et apprendre à apprendre, serait cool. Si je fais ça, ça sera vraiment l'aboutissement, ça sera que j'aurai réussi quelque part à vraiment faire quelque chose de pérenne.
speaker-1 (40:49.838)
Est-ce qu'on peut te trouver en ligne si on s'intéresse à ton travail, si on découvrir ce que tu fais
speaker-0 (40:55.382)
Alors il a mon site internet enjoylamom.com voilà. Sur les réseaux sociaux, sur le même pseudo enjoylamom et donc sur Instagram. Alors Facebook un petit peu moins maintenant mais je reste quand même présente sur ça. J'avais même créé un groupe sur ma page Facebook où vous pouvez partager ce que vous faites et voilà quand je suis notifiée j'y vais, je peux donner des conseils, des choses comme ça. Après voilà Pinterest tout ça mais ça c'est des choses mais vraiment c'est Instagram, YouTube et mon site internet.
Et il faut s'inscrire à ma newsletter également pour être au courant parce que c'est vraiment... Là, moi j'ai trouvé vraiment une façon de communiquer qui était complète et vraiment intéressante.
speaker-1 (41:37.942)
D'accord. De toute façon, je mettrai le lien dans les notes de l'épisode. Merci beaucoup pour ton temps, pour tes conseils. C'était super agréable de discuter avec toi.
speaker-0 (41:47.383)
C'était vraiment super, une belle première expérience.
speaker-1 (41:50.766)
Il ne me reste plus qu'à te souhaiter une bonne semaine. Prends bien soin de toi et de ton business. À la semaine prochaine.
speaker-1 (41:59.02)
Pour encore plus de coaching, business et bien-être, abonne-toi à Manusletters sur www.bienamoncont.com slash podcast. C'est là que je partage des stratégies et des ressources exclusives pour t'aider à prospérer. Et si tu veux aller encore plus loin et mettre ces stratégies en application, découvre Glow Up.
mon programme d'accompagnement individuel où on travaillera ensemble pour poser ou consolider les bases d'un business aligné, épanouissant et surtout rentable. Toutes les infos sont sur mon site www.bienamocompte.com Je te dis à très bientôt pour un nouvel épisode et d'ici là, prends bien soin de toi et de ton business.