speaker-0 (00:00.27)
J'ai mis 5 ans à sortir mon premier livre, j'ai mis 8 ans à faire exister De Grasse, j'ai mis 10 ans, 10 ans à faire exister mon deuxième roman. Mais merde, si j'en ai pas dans le ventre, c'est que... Qui en a dans le ventre, fait, tu vois ? Et c'est pas parce que je me pose des questions et que je brodouille de temps en temps que je suis une petite chose fragile. Mais quelle naïveté, quelle bêtise chez ces gens-là et quelles...
Vas-y, je vais sortir un mot à la pose, quelle outre cuidance de se dire je rentre dans ta vie, je vois que tu bafoues, que tu te poses des questions, que tu es faible. Mais tu t'achèves et toi tu dis ça, sachant que tu encore en CDI à te faire chier et à te faire marcher dessus dans une situation qui ne te va pas. Et tu m'expliques la vie. Je n'accepte plus.
speaker-1 (00:48.876)
Vous écoutez Bien à mon compte, le podcast business et bien-être pour les indépendants qui veulent transformer leur activité en une source de revenus réguliers, d'impact et d'épanouissement.
Je m'appelle Cassia, je suis à mon compte depuis 2009 et je suis bien placée pour savoir qu'être indépendant c'est une aventure passionnante. Mais parfois c'est aussi se sentir seul face à des défis complexes. Pouver des clients, jongler entre les projets pro et la vie perso, ou encore traverser des périodes de doute et de creux, surtout quand on est hyper sensible et cérébral comme moi. Dans ce podcast, je partage des stratégies concrètes pour se faire connaître et signer plus de clients.
Des outils pour calmer les ruminations et les montagnes russes émotionnelles, ainsi que des interviews d'indépendants inspirants qui montrent les mille une façons de s'épanouir à son compte. Alors si tu veux plus de clients, plus de plaisir et plus de sécurité dans ton activité indépendante, écoute l'épisode d'aujourd'hui.
speaker-1 (01:42.03)
Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de Bien à mon compte. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Baptiste Fillon, que vous avez peut-être vu en librairie ou peut-être à la télévision puisqu'il est à la fois auteur et scénariste. Je vais te laisser te présenter avec des propres...
speaker-0 (01:56.142)
Je suis honoré et très heureux de vous parler de mon expérience. J'espère que ça pourra vous aider, que ça vous permette d'éviter de faire des erreurs que j'ai pu commettre et puis à gérer aussi ce qui est une forme d'anxiété aussi à se lancer.
speaker-1 (02:10.952)
Officiellement, commence, la sortie de ton premier roman, après l'équateur aux éditions Galimard. Donc on est en 2014.
speaker-0 (02:17.71)
Moi, au départ, j'ai commencé à écrire. J'ai toujours pas mal lu. Je me suis lancé parce que je me souviens très bien. C'était un moment où je m'ennuyais beaucoup et j'avais besoin de m'évader. Après, j'ai fait des rencontres qui m'ont permis de faire d'autres rencontres. Et il a ce livre qui sort d'une histoire extrêmement personnelle, inspiré en partie de l'histoire de mon père qui était marrant en long cours.
J'ai dû envoyer 70 manuscrits en deux salves. Ça a été extrêmement dur. C'est extrêmement dur pour l'égo, c'est extrêmement dur pour le travail que vous investissez. Et parfois, c'est très dur aussi, même quand ça existe, de voir la façon dont ça peut être accueilli, quoi. Parce que c'est toujours aussi la rencontre d'un vrai élan du cœur et d'un morceau de vie avec des gens qui le lisent comme un quatrième de couverture. Donc ça, il un peu se blinder. Donc oui, c'est une très belle histoire. En plus, c'est chez Ganimar, donc c'est une très belle maison.
Et ça a été ta raison de début. Je me rends compte aujourd'hui, ça a été effectivement un déclencheur pour d'autres choses.
speaker-1 (03:13.836)
Et quand tu as publié ce premier roman, est-ce que tu étais...
speaker-0 (03:17.326)
Pour moi, comment te dire ? C'était même pas que c'était inespéré, parce que je ne l'espérais même pas. Je ne pensais même pas que c'était possible dans Ville. C'était même pas un rêve de gosse. Moi, j'ai toujours voulu écrire. Je me sens très bien en tant qu'écrivain. Mais l'opportunité qui m'a été offerte par Maxime Pruppot, qui est mon préauteur sur De Grasse, m'a vraiment ouvert un monde que j'ai trouvé absolument fascinant, et d'une extrême vigueur.
plein de questionnements et avec aussi, on va pas se mentir, des vraies opportunités pour en vivre. Donc au tout début de ma campagne, je dis oui j'ai vu de la lumière, je suis entré, c'est exactement ça. Et je ne pensais pas faire ça aujourd'hui.
speaker-1 (03:59.318)
reviendra sur cette deuxième étape de ta carrière. Je voudrais qu'on reblobine un petit peu.
speaker-0 (04:04.494)
C'était la découverte de Paris, du coup je suis du Havre. C'était changement de vie, changement de vie, le changement de monde, vraiment. Et ensuite, comme la plupart des gens, j'ai lamentablement échoué au concours d'Ulm. Et j'ai ensuite fait un master de lettres, où j'avais tenté un concours de la fonction publique, je ne suis pas réveillé pour le deuxième jour. Et donc je me suis dit que j'allais tenter le concours de Sciences Po, je l'ai rentré la première année, je l'ai réussi la deuxième.
Et donc j'ai un master à Sciences Po en communication où on s'est rencontré. Et ça a été aussi une super aventure avec des gens incroyables dont on reste proche, Et un côté famille qui est moi hyper important. Et ensuite, quand je suis sorti de Sciences Po, j'ai fait deux stages et je me suis retrouvé à un moment une main devant, une main derrière. J'avais vraiment besoin de travailler, j'étais en vraie galère financière.
Et donc j'ai activé mon réseau et j'ai fini par rentrer en CDD chez BNP Paris Bas en tant que chargé de communication. Et j'ai ensuite eu un CDI et ce qui était au départ vraiment un job alimentaire est devenu un vrai métier. encore, j'ai fait des super belles rencontres, j'aimais bien le métier de la pub et de la communication digitale, j'écrivais pour leur site corporel.
speaker-1 (05:17.696)
Je me souviens c'était difficile hein, tu me demandais du travail...
speaker-0 (05:20.438)
T'as raison, on sortait d'un moment extrêmement contraint, extrêmement difficile et c'était la guerre pour trouver un genre, mais tu peux pas t'imaginer, mais sur-angoissé justement par cette perspective-là parce que là il y avait une vraie angoisse vivrière. Et donc je suis resté dis-dans. Je suis resté dis-dans en passant de la pub à la décommunication digitale et j'ai fait des rencontres encore exceptionnelles avec beaucoup de gens qui restent mes amis. Mais la chose qui ne m'allait pas,
c'était non pas le travail en tant que tel, mais la façon dont travail était exercé. C'était l'open space, le sentiment d'être fliqué, de se dire que tu as un cadre trop tard, tu repars un cadre trop tôt. Tu ne rentres pas dans les cadres de la culture d'entreprise. J'avais les cheveux un peu trop longs, je mettais des baskets, je riais un peu trop. Un jour, il a un manager qui m'a dit, Baptiste, tu ne marches pas assez vite dans les couloirs. Quand on m'a dit ça, dis, mais je te promets, je te jure.
J'ai hurlé intérieurement. J'ai fait l'erreur de ma vie en fait, en imaginant que l'entreprise pouvait être ma vie de certaines manières, parce que c'était confortable. Je pouvais contracter des prêts immobiliers, j'avais des prix sur les voyages. Enfin tu vois, les CIE, c'était hyper confortable. Et en même temps, je voyais que j'étais pas bon. Il a un petit à petit, ça s'est dégradé. Ça s'est dégradé, j'étais pas bon, j'étais moins impliqué et j'écrivais le soir parce que je sentais que si je faisais pas ça, je m'éteignais vraiment, vraiment.
Et c'était, je vais pas te dire un réflexe de survie, mais c'était un appel de vie très très violent. Une envie de connaître tellement de choses, de connaître tellement de gens, de raconter le monde en fait quoi. Et ça me suffisait pas, mais j'ai mis du temps à comprendre que je devais m'en sortir, mais m'en sortir par le travail en fait. Et donc ça s'est passé comme ça. J'ai sorti ce bouquin en cours de route. a celui qui est devenu mon coauteur qui m'a appelé et j'ai commencé à écrire des séries.
le soir et des fois en prenant des RTT quoi. Le bouquin en 2014, je suis parti en 2019. Tu vois, il a cinq ans quand même. Aujourd'hui, je ne vois pas comment je vais pouvoir le trouver. Mais ce que j'ai senti très fort, c'est qu'à partir de 2014, il a une saisure. J'ai senti que quelque chose d'autre était possible. Mais je suis quelqu'un d'assez prudent.
speaker-0 (07:36.634)
et je sais bien qu'on vit pas de la littérature donc je savais bien que c'était pas non plus aller je vais vendre un livre, vais m'acheter un chaton au bourgogne ou je vais devenir rentier. Ça marche pas comme ça tu vois. Puis j'ai eu des enfants tu vois en cours de route on peut pas faire n'importe quoi avec des enfants. Mais ça m'a donné confiance en moi aussi. Puisque je pense qu'il a un vrai sujet par rapport à la confiance en soi au moment où tu sautes. je pense, parce que là je parle pour moi, il faudra pas avoir peur d'assumer une certaine fragilité
Et en même temps, cette fragilité, cette peur-là, tu la sublimes et t'en fais vraiment une fois. Parce que moi, pourquoi j'ai sauté, c'était pour survivre. Je sais aujourd'hui. Sinon, je passais à côté de ma vie. Même si ce changement de vie a tout fait voler un éclair dans ma vie. Donc il y a eu un divorce en même temps. Tu passes d'un bel appartement en banlieue à un studio. Tu vois plus tes enfants 100 % du temps.
Tu te demandes ce que tu fait de mal, tu te demandes comment tu en arrives là parce qu'en fait quelque part tu as tout fait pour ne pas en arriver là. Tu as été un bon élève, as suivi le cursus sonoro, l'autoroute. Je me suis jamais dit que ma vie était foirée. Je me suis jamais dit que c'était un échec. suis dit, waouh, je ne pensais pas que c'était aussi dur. Mais je sais que c'est la voie et c'est très compliqué à faire comprendre à certaines personnes. Même dans l'intimité, cette fragilité là est une force extrême.
Et je te confie à un truc. Je l'ai dit ça récemment à quelqu'un. dit ne fais pas l'erreur de me sous-estimer. On dirait que c'est un truc de psychopathe. Mais en fait, ça permet de faire un tri autour de moi. C'est quand les gens croient que cette douceur est de la faiblesse. Ça me fait faire le tri. Ça me fait faire le tri. me dis bon, ça, sera juste une relation de travail ou même dans la vie de tous jours, ça, sera juste quelque chose de passagé. Je ne te dis pas que je fais de façon consciente, mais je sais mieux le gérer maintenant avec un plus de maturité.
speaker-1 (09:33.134)
Je ne pas si tu fais référence spécifiquement à l'hypersensibilité, mais effectivement, de l'extérieur de la société, souvent le message qu'on envoie, c'est que es trop fragile, il que tu te blindes, lui ou elle ne va pas tenir sur la distance, alors que quand tu regardes dans les fesses, ce sont les personnes les plus fortes, les plus endurantes et celles qui vont le plus loin, les plus résilientes.
speaker-0 (09:51.95)
Je sexualiser un petit peu le débat. Parlons des hommes et de la masculinité. Il y a des schémas qui sont en d'être plaqués là-dessus. Il est sensible, il est faible. Et en même temps, des fois, on te demande d'être fort. Et quand il a une espèce de durcimonde, on ouh là là, mais ce mec est dangereux. Bon, c'est des discussions que j'ai beaucoup avec d'autres amis. On parle d'hypersensibilité, c'est aussi un vrai travail d'empathie par rapport aux autres et à soi-même. Ça m'a permis de me guider au radar. Il y a des moments où je me suis dit, OK, là, il a mal d'homme, c'est compliqué, je n'y vais pas.
Là, je sens que si je ne pas, je vais m'en vouloir toute ma vie. Et je sais qu'aujourd'hui, sur le marché du scénariste, je suis celui qui va chercher dans les personnages, qui va fouiller les névroses de famille, tout en sachant glisser du polar et l'énergie du thriller. J'aime quand les personnages ont une vraie épaisseur, mais j'aime quand ça renvoie aussi et que les gens ne s'ennuient pas.
speaker-1 (10:45.17)
Le sujet de l'hypersensibilité, c'est aussi un des thèmes fil rouge de ce podcast, puisque c'est un podcast sur l'entrepreneuriat, pas l'entrepreneuriat à la... les stratégies de gros marketeurs avec leur gros sabot. On défend un entrepreneuriat vital où si tu restes en entreprise, tu ne survis pas et c'est une nécessité que tu te lances à ton compte pour vivre ta vie.
avec les difficultés que ça peut générer, les angoisses financières, les problèmes parfois d'intégration et autres. c'est comme ça, c'est ta vie et tu ne fais que répondre à l'appel. L'idée c'est de montrer qu'on peut s'en sortir, on peut trouver des façons de jouer sur nos forces, de tirer notre épingle du jeu, veux.
speaker-0 (11:24.878)
Il faut sublimer ce qu'on te fait passer pour la faiblesse, te faisant passer pour pure nichéries auto-centrées. Disons les choses franchement. C'est une vraie force. C'est la force de la souplesse. je trouve, tu dis, il y a beaucoup justement de choses sur le développement personnel, sur comment on devient meilleur, qui prônent une forme de dureté et de force. Et cette force là, tu sens qu'elle peut casser d'un coup.
et que c'est des postures. C'est ça qui est plus problématique. Ce sont des énormes postures. Et c'est vrai que moi, ça m'effare. Ça m'effare et je me dis, mais on prépare un monde, si on écoute ces gens-là, qui va être terrifiant. Bon, le monde est déjà, par ailleurs, mais si on parle d'un point de vue professionnel, on va être avec des robots, mais des robots dépressifs, en fait. Tu ne vas pouvoir fonctionner que sous substance. Non, mais disons les choses. Ces gens-là ne vont pouvoir fonctionner que sous substance. C'est de l'antidépresseur ou c'est de la coke. Pour être fonctionné, tu vas être obligé de te briser, en fait.
Mais c'est ce qui se passe aujourd'hui. Là, je disais encore un article dans Le Monde où les jeunes cadres doivent se plaudrer de nez. Le monde du scénario est comme ça aussi, visiblement. Je ne vais pas aux bonnes soirées, je pense. Mais je jamais vu de la coque, je vais pas bonnes soirées. Je reste pas assez longtemps, peut-être. C'est une soirée là, lieu de la semaine où j'ai mes enfants en garde. Ça, c'est peut-être autre chose. Exploitons ça, exploitons ça sans vergogne. C'est hyper important. Il faut faire le tri, je pense, avec les gens. Ça, c'est un truc que j'ai appris à faire.
faut faire le tri avec les gens qui sont capables de l'écouter ou pas ça, ou de l'accueillir, ou de l'écouter en fait, de vous entretenir dans quelque chose qui n'est pas non plus du ouin ouin, non plus de la complaisance, mais qui va vous aider vraiment à investir votre force émotionnelle, à la rendre concrète dans votre vie. Voilà, c'est ça.
speaker-1 (13:10.702)
Qu'est-ce que ça a changé d'avoir publié le roman déjà dans le regard de ton entourage notamment professionnel ?
speaker-0 (13:15.168)
Ils assez beaux, ils étaient très heureux pour moi et ça m'a beaucoup touché. Après, ça n'a pas été très net, mais j'ai compris que quelque part, j'avais mis un coup de cutter dans le contrat. Ma vie n'était pas que l'open space, ma vie n'était pas que l'entreprise. Ils ont été rares ceux qui m'ont fait sentir ça. Mais il y a des moments ou de tension dans le travail comme toujours où j'ai senti que j'étais à côté, j'étais l'écrivain de service.
qui rêvait d'autres choses, qui rêvait de grands voyages, qui rêvait de partir avec son sac et avec sa plume, ce qui est faux. J'aimerais beaucoup voyager, j'aimerais beaucoup partir, mais je pense qu'il a beaucoup de choses à faire, même au coin de la rue. Je tâche de chercher les choses belles et magiques et lumines dans les éléments les plus concrets de la vie. C'est pour ça qu'on a travaillé sur les docs, les gens qui blanchissent de l'argent et autres. J'aime chercher la lumière et la force métaphysique dans quelque chose qui est très sombre.
Et donc oui, y a eu ce mélange de fierté et de défiance où on m'a dit mais ta place n'est pas là. Et quelque part, tu as essayé d'aller au bout de ton rêve d'une certaine manière, tu l'as un peu accompli. Et nous, on aurait aimé tenter de ça, de faire des choses. C'est vrai qu'il y a des gens qui se sont confiés à moi. Tu vois, ces soirées d'entreprise où les gens finissent un peu éméché, moi je bois pas ou quasiment pas. Donc on venait vers moi en disant non, mais tu me très bien d'une collègue. m'a dit c'est bien toi, tu sais ce que tu veux faire. C'était touchant, en même temps assez triste.
Il a autre chose qui me frappe beaucoup, c'est qu'à chaque fois quand tu as des discussions, elles sont sincères, elles sont motivées. Les gens qui sont soi-disant forts arrivent à faire le lien entre le small talk et des conversations qui sont soi-disant profondes, qui sont d'ailleurs rarement profondes sauf quand justement elles s'est un peu picolées. Moi je veux plus de relations comme ça. Je veux plus dans mes sacs de travail rapprochés, dans ma vie je ne veux plus ça. Je n'accepte plus ça. C'est terminé. Alors après ça t'empêche pas d'être attrapé par certaines choses, mais très vite il faut que tu apprennes à détricoter.
Parce que c'est dangereux en fait, peut devenir toxique. Et par ailleurs, cet engagement permanent de ces personnalités-là dont je fais partie, ça peut faire de nous des proies en fait, parce qu'on donne beaucoup. Dans un monde qui paradoxalement demande aussi de notre énergie. Et qui prend et qui... C'est bon, t'as mis le bras, maintenant je vais te coincer parce qu'en fait je commence à comprendre comment tu fais. J'ai vécu ça dans une ou deux relations, aujourd'hui c'est quelque chose que je n'accepte plus. Et il faut se dire aussi que, bon ça on s'en est déjà parlé, mais que c'est précieux en fait ces facultés-là.
speaker-0 (15:35.534)
Je suis convaincu d'une chose, ressentis et t'aident à te construire en fait, même s'ils sont faux parfois. Et en même temps, ils te jettent en fait devant toi une forme de cohérence qu'il faut élaborer et faut trouver des bonnes personnes pour être en mesure de les élaborer. Les émotions là, sont préparatoires à des actes qui peuvent être de mon côté extrêmement brutaux. Dans sens où il a des moments de rupture, où j'ai dit stop, il y a des moments de construction et de saut dans le vide où j'ai dit stop, ce n'est pas possible. en fait, c'est concrètement, c'est comment tu t'organises. Tiens, je vais déménager.
Tiens, je vais aller prospecter, je vais aller chercher des producteurs, je vais aller chercher des coauteurs, je vais écrire des projets pour me faire connaître chez les agents, je vais aller attraper par la manche un réalisateur avec lequel j'ai travaillé parce que j'ai envie de retravailler avec lui. C'est la guerre en fait, parce que c'est vrai que quand en tant qu'indépendant, tu prends des décisions de grands chefs d'entreprise à une échelle extrêmement micro et t'es tout seul. Moi je fais une profession artistique, le compartiment étanche n'existe pas ou très peu.
Et en même temps, a un moment où faut dire, je pose le stylo et la vie m'appelle, mais la vie sans travail et sans gratter du papier. Notamment, j'ai deux enfants, c'est hyper important. C'est hyper important de pouvoir s'occuper d'eux et d'être pleinement avec eux.
speaker-1 (16:48.914)
Sache que dans les sujets de coaching à peu près récurrents avec ma clientèle, il y a la question des limites, du trop donné, du surinvestissement, justement d'une dynamique ou l'autre, que ce soit une personne ou une entreprise ou un système qui est bien ravi de ce que tu as à lui offrir. Et c'est compliqué pour les personnes hypersensibles de dire stop, je ne pas le faire. Elles ont l'impression de se trahir elles-mêmes, de trahir qui elles sont en mettant ces limites là.
speaker-0 (17:14.222)
Quand tu sens aussi que tu veux quelque chose sur le marché, ça va pas se cacher. Ça va avec forcément une forme de valeur marchande. Disons les choses concrètement. Après, ça va avec ta vie personnelle, ça va avec les gens que tu rencontres et ça va, moi à titre personnel, ceux qui m'ont beaucoup aidé, c'est mes agents. Les agents m'ont dit maintenant, il y a des choses que tu ne peux plus accepter parce que... Ils ont relié ça au business, ça veut dire que...
Pour une bible, tu n'acceptes plus un montant en-dessous de ce montant-là. Ce plus possible. Parce que ça va casser de la valeur sur le marché. Ok, d'accord, ça marche. Après, effectivement, il faut avoir une trésorerie pour dire non. Il faut savoir gérer son argent, faut savoir gérer une forme d'anxiété aussi. Et c'est un travail permanent parce qu'il des moments où tu plus fragile que d'autres. Tu es fatigué, tu as des soucis personnels.
ou des fois des succès et tu sens tout toucher terre. C'est un métier d'humilité mais il pas être trop humble non plus parce que sinon tu te fais écraser et à un moment il faut se dire aussi tu peux prendre le pouvoir. Mais oui les limites c'est décisif et c'est très important de pouvoir en mettre. Moi je réfléchis à potentiellement réaliser un moment ou un autre. Ce n'est pas non plus l'idée de prendre le pouvoir, enfin pas seulement, c'est aussi d'aller au bout du geste artistique. Quand tu écris un scénar de création, tu vois déjà les images et tu aurais envie...
T'as envie d'être derrière la caméra, de shooter tel ou tel plan comme ça. Du coup, tu vois, on parle d'actes. Il y a eu ce désir artistique de se dire, je veux raconter des histoires plus seulement avec des mots, mais avec des images. Et donc, j'ai fait le tour des popotes et j'ai posé des questions à mes agents, à des gens en place dans le milieu qui m'ont dit, pourquoi tu te poses la question ? Pourquoi tu te poses cette question-là ? Il y a des gens aujourd'hui, a des chefs-hop qui peuvent te faire techniquement quelque chose de très propre. Tu peux faire un ou deux stages de direction d'acteur, bien sûr.
pour apprendre à diriger ton équipe en fait, ton équipe je veux dire d'acteurs parce que c'est particulier, il les briefer, il faut gérer telle telle prise, différentes couleurs des prises. Mais ouais donc écoute on va tenter. Peut-être que je prendrai le mur, mais c'est pas grave, j'aurais essayé. Je vais te dire quelque chose de dit par intime, c'est un combat contre moi-même, c'est un combat contre des freins qui viennent de mon éducation, viennent... J'ai reçu beaucoup d'amour.
speaker-0 (19:30.862)
Mais il a ce truc du provincial débarqué à Paris qui parfois a trop voulu se cacher. Mais, truc que j'aime bien là-dedans, c'est qu'en te cachant et en disant non, un certain nombre de fois à ton désir, quand ton désir sort, il arrive extrêmement tendu. Il arrive nourri de ta frustration et ça déboîte très très fort. En fait, c'est vraiment comme un élastique. Tu tends, tu tends, tu tends. Non, je ne pas y aller. Je ne vais pas y aller, je vais pas y aller, je ne vais pas y aller.
Et quand tu dis non mais en fait là ça brûle, c'est plus possible. Mais tu renverses tout vraiment. C'est pour ça je te parle de pulsion de vie et le désir dans ce sens presque psychanalytique. C'est un désir, c'est pas le désir au sens pauvre dont on part, c'est le désir de vie, le désir de devenir qui tu es. Et là, a une fusée. Et là, c'est ce qui se passe pour la volonté de réaliser. Je sais que cet été, bon là, je pars avec mes fils, j'ai la chance de gagner de quoi partir au Portugal avec mes fils. On va s'éclater.
je vais prendre le plein d'amour et parfois aussi de responsabilité, on pas se mentir, je ne sais pas encore ce que je fais au mois d'août, mais je sais que ce mois d'août va me servir, peut-être à partir chez d'autres amis loin et autres, mais ça va me servir à devenir qui je suis parce que je sais que là c'est des temps de temps mort où je vais construire ce qui va peut-être être mes prochains mois. Et aujourd'hui, à force de boulot, j'ai la chance d'être considéré et d'être lu.
J'ai la chance mais je suis allé la chercher profondément parce que je ne veux pas, je ne veux pas, quand je te dis, mourir en me disant que je n'ai pas essayé d'être qui je suis. Il y a un très beau poème de Antonio Machado qui dit, promeneur, il n'y a pas de chemin. Le chemin n'existe pas, le chemin existe quand tu marches. C'est exactement ce qui m'arrive. Le chemin, je l'ai tracé en marchant et tu regardes par-dessus ton épaule, tu dis, ouais, en fait c'était ça ma voie.
speaker-1 (21:18.446)
J'ai plein de choses à dire là-dessus. Déjà, j'aime beaucoup l'image de l'élastique, je trouve génial. Parce que je pense qu'il a des gens qui nous écoutent, qui sont dans ce phénomène de « je pas bien là où je suis, mais je pas prêt à partir » et qui rongent leurs freins. Et ça mine quelque part ton estime de toi-même de te voir « j'ai envie de faire un truc et j'avance pas, mais ça se trouve que j'ai pas... » J'ai pas ce qu'il faut pour le faire si j'arrive même pas à me lancer. Mais j'aime bien ta reconfiguration. En fait, t'es en train d'attiser ton désir et de préparer ton élan pour que le moment où la décision est prise,
Je pense que le métier que tu pratiques génère beaucoup de fantasmes. On peut imaginer, oui il a eu du piston ou selfies 2. Pour le coup, pour toi, il eu des choses dans les coulisses, je n'en sais rien. Peut-être que tu as obtenu des rendez-vous par des prêtres. Je rigole, mais tu tu incarnes aussi l'exemple de, par la pure ténacité, par l'audace aussi d'aller frapper à des portes où on te regarde de bazon en mode, qu'est-ce que vous faites là
speaker-0 (22:00.43)
Bien sûr !
speaker-1 (22:17.48)
Tu t'es forgé ta place, tu t'es creusé ton sillon à toi. Oui.
speaker-0 (22:21.71)
Tu creuses à l'intuition, tu creuses parce que t'entends d'autres bruits de pioche, tu vois, pour filer la métaphore de la mine. Et tu y vas, tu y vas parce que... Enfin, faut pas avoir peur des mots. Ça a un rapport au destin, ça a rapport à la vocation. Faut pas se cacher derrière des termes de développement personnel à Fadi. On veut devenir qui on est. C'est très très important de se dire ça. Et ça nécessite beaucoup de courage. Un courage qui se manifeste pas forcément en mode je suis fort et je vais vous marcher dessus. C'est un courage que je trouve éminemment plus respectable.
parce que c'est un courage du quotidien. Tu te lèves tous les jours, tu pioches, tu y vas. C'est un courage du quotidien, c'est un courage ingrat et c'est quelque chose qui nécessite un énorme travail sur soi et de se confronter à la colère et à la frustration aussi de ne pas y arriver assez vite. Revenons sur ce qu'on disait sur cette histoire de développement personnel. Moi, je pense qu'on te parle beaucoup d'épanouissement. Oui, l'épanouissement est décisif, mais l'épanouissement est un aboutissement et il est momentané comme le bonheur. Il y a des moments où tu dis bon, allez.
Je sors, la fenêtre, c'est incroyable, j'ai réussi quelque chose. Le quotidien, ce sont des micro-applications accomplisement. C'est vrai qu'il faut arriver aussi à cranter d'une certaine manière. J'ai réussi à finir ce document là. Le producteur était content. Ça se faisait avec mes co-auteurs. Il faut arriver à se féliciter aussi, il faut pas être trop dur. Mais pour revenir à ce que je te disais sur ce type d'épanouissement, je suis convaincu de la force énorme de la frustration, de la force énorme de l'ennui, de cette macération là qui fait que tu arrives
mur, que tu arrives en pleine bourre, un peu comme un coureur qui est emmagasiné de la vitesse et qui arrive et qui saute par-dessus la falaise. C'est pas parce que t'es frustré et que tu ris pas tous les jours et que tu dis pas Amen » au ciel et Grâce à la vie » que tu es à côté de la plaque. J'insiste vraiment là-dessus parce que moi c'est quelque chose qu'on va faire sentir dans la manifestation de mes émotions, dans la manifestation de mon travail.
La frustration, moi en fait aujourd'hui je te parlais d'une forme d'émotion, enfin tu vas à une hypersensibilité que sais-je. C'est mon fond de commerce la frustration. C'est la frustration accumulée depuis que je suis tout petit. Parce que tu voyais des gens voyager, parce que tu as vu des choses que tu n'as pas pu voyager. J'ai manqué de rien, qu'on soit bien clair. Tu ne pas te faire aux causettes. Mais ça a déclenché des envies de rêver extrêmement fort et des envies crées extrêmement fort. Il a un moment où je me suis retrouvé devant mon ordinateur et j'ai écrit. Et bien je savais que j'étais à ma place.
speaker-0 (24:43.95)
Et parce que, il quelque chose qui m'ensevelit mais dans le bon sens du terme. Ça m'enveloppe, je sais qu'il quelque chose qui passe par les doigts, sais qu'il quelque chose qui se construit et qui s'élabore et qui va être ma vie d'une certaine façon. ouais, c'est un mélange de plein et de délié, un peu comme des montagnes russes. Il faut savoir le gérer parce que parfois c'est compliqué aussi et on ne le gère pas tous très bien. Mais j'insiste là-dessus, il savoir s'entourer, il savoir s'entourer ou sinon savoir aussi se faire plaisir.
Est-ce que c'est une ong-marge dans la ville ? Est-ce que tu as envie d'aller faire de la natation, d'aller courir, de jouer aux jeux vidéo, d'aller jouer au foot avec tes copains ? Mais il faut savoir se récompenser aussi, parce que ton plaisir est aussi ton fond de commerce en tant qu'indépendant. Si tu travailles pas bien, tu ne pas être tout le temps dans le dur.
speaker-1 (25:27.8)
On a quand même ce parcours du succès où c'est linéaire, c'est un escalier vers la gloire et quand tu as franchi un cap, ça peut être que aller mieux. que dans le quotidien, c'est des montagnes russes, tu peux tout à fait faire un saut en arrière, avoir des années fast, des années de misère juste derrière. Rien n'est écrit, rien n'est dit. Et effectivement, déplacer le cursus de comment j'évalue si ça marche ou pas, et c'est pas assez fluctuation là parce qu'elles sont normales, mais c'est à est-ce que je me réalise en tant que personne ?
Est-ce que je me donne à fond pour mes rêves ? Est-ce que je suis en train de devenir...
speaker-0 (26:00.622)
Surtout que tu seras jamais maître du monde. C'est aussi qu'à chaque étape de ta carrière, il a des emmerdes. Il y a tout le temps des déconchis et des risques. À moment, ça marche bien, mais il faut renouveler ta clientèle. Il a des moments, ça marche bien, mais il faut trouver ton second souffle. Et tu as des gens qui sont lessivés et qui doivent lâcher le stylo parce qu'il n'y arrive plus. Tu as toutes ces problématiques-là et en fait, il faut faire le deuil d'une vision extrêmement naïve et qui le pense, elle est française pour le coup, de l'entrepreneuriat. Ou en gros, soit ça marche, soit ça marche pas.
Et donc en fait, si tu as un petit accroc, c'est que ça va pas et que t'es une merde, pas de mot expressionnel, mais... mais c'est... ... qui était chez BNP aussi à l'époque, elle a lancé un business de yaourt, de frozen yogurt, tu vois, ça s'est cassé la gueule, elle s'est reconvertie, elle bosse dans l'immobilier, ça marche du feu de Dieu. Et c'est quelqu'un en fait, pour n'avoir pas la béquelle, qui a appris de ses erreurs, enfin des erreurs, les choses qu'il faut faire différemment quand tu te lances et quand tu veux exister en tant qu'indépendant.
speaker-1 (26:36.673)
les conclusions contiennent.
speaker-0 (27:00.494)
Donc il faut être dur dans le travail avec soi, mais il faut être indulgent humainement en fait. si écoutez, moi je trouve qu'on est vraiment dans un monde extrêmement dur et paradoxalement qui prône les panismes en soi. Et il prône les panismes en soi de façon extrêmement naïve et il est dur de façon extrêmement naïve. Moi quand j'entends parler ces gens-là, je les vois hors sol. Et je me dis mais est-ce que ces gens ont déjà travaillé en fait ? Est-ce que ces gens connaissent le monde tel qu'il est ? Et en fait, il a un truc qui très paradoxal.
des étudiants en scénar, j'ai dit, il faut rêver au succès. C'est hyper important. Si vous n'avez pas le droit de rêver, vous faites quoi en fait ? C'est les deux. Ce que je me dis, c'est que le rêve est une faculté de projection. Et quelque part, il élabore déjà le chum. Si on parle de chiffre, moi, ça m'a permis de quasiment tripler mes revenus. C'est un truc de fou. Après, pourvu que ça dure, parce que voilà, y a des débat. Mais je suis toujours souple sous mes appuis.
speaker-1 (27:40.376)
C'est le rêve ou c'est le rêve
speaker-0 (27:59.438)
pour prendre un scud ou pas, vois, parce que la conjoncture est faite de toute façon. Nous, on est confronté à l'IA, mais moi, titre personnel, vois, le fait d'avoir fait le saut de l'entreprenariat d'une certaine manière, ça m'a rendu souple. ça ne m'angoisse pas l'IA. Après, si un jour ça fait en sorte que ça te sorte du marché, je vais faire autre chose. Il n'y a pas de souci. Je vois plus une forme d'opportunité et j'en parle avec beaucoup de gens et je pense qu'il a vraiment des opportunités. Pour peu que sur le marché, en tant que scénariste, tu sois créateur, un vrai, vrai créateur.
Tu peux bosser avec une femme GPT qui va te créer une histoire et qui va te craindre, mais ça n'a rien à voir. Et ça, j'en suis convaincu et je ne me force pas pour l'être. La chair, le sang, l'ancrage, l'ordinateur ne pourra jamais, jamais aller chercher. Aussi complexe, aussi virtuosoit-il dans la façon d'exprimer. Moi, on m'avait dit un jour, ouais, un autre pot comme ça avec des anciens collègues, me dit, mais du coup, tu as envie ? Si je dis que je suis scénariste, c'est que j'ai envie. Sinon, je te dirais, je suis commercial, quoi. Et je suis scénariste de week-end.
On est dans une culture vraiment embryonnaire de l'entrepreneuriat indépendant en France. Et en fait, on est prêt entre deux lames, entre l'injonction au succès absolu et le refus de questionnement. Vraiment, la culture de la start-up, pour le coup, s'il y a une chose, il y a beaucoup de choses à jeter, mais le test and learn, ça, c'est précieux.
speaker-1 (29:16.546)
Tu parlais d'immaturité, et on le voit quand même aussi chez les indépendantes dans ce rapport à la vente et à l'argent. Comme si, oui, tu te lances, tu vas devoir vendre en fait. La moitié de ton temps, tu seras pas en train de travailler ta discipline, ton art qui te fait kiffer, tu vas être en train de vendre. Et plutôt, tu intègres ça dans ton logiciel, plutôt que tu te réconcilies avec cette réalité, plutôt tu atteins ton rythme de croisière où tu en vis vraiment. Tu crées de la valeur en fait. Tu crées de la valeur, tu vas la présenter sur le marché, sur un marché qui cherche potentiellement ce type de valeur.
speaker-0 (29:37.39)
...
speaker-1 (29:45.292)
Et c'est là où tu parlais de monter au créneau, aussi avoir conscience que tu n'es pas juste en demande. Tu apportes de la valeur et c'est ce que l'autre recherche aussi.
speaker-0 (29:53.733)
Si tu te caches, tu ne pas en confiance.
speaker-1 (29:56.078)
Du coup raconte-nous, je s'en bovine un tout petit peu, comment s'est fait cette transition du monde de l'édition et du roman vers le monde du scénario et de la production télé.
speaker-0 (30:06.158)
Maxime allume mon roman, il me dit bon je rentre d'une année de tour du monde, j'ai fait 6 mois UCLA, de l'écriture télé, et j'ai vraiment envie d'être un créateur de séries. Je veux qu'on crée des séries comme ça se fait aux Etats-Unis. Il dit oui je sais que tu es à vrai, que tu connais ta ville, bah vas-y écrivons, ce qu'on appelle une bif dans le jargon, donc un dossier de présentation d'une série sur le A. Je fais vas-y c'est parti. Donc on prend la voiture, on fait des tours, on rencontre des gens, on commence à écrire.
on touche une bourse du CNC, il a un producteur qui vient nous chercher et il vogue la galère tu vois. Derrière Degrasse se cache un énorme viandage sur une série qui était une science-fiction légère où on n'a pas su gérer les élans de la productrice, les questionnements de la chaîne et on a dans le courant du développement de Degrasse, on a dû dire, passe moi l'expression, merde à des gens qui voulaient nous emmener dans une direction où on ne voulait pas.
Et en fait, c'était check là, à préparer le succès et l'existence de Degrassi. Et donc ensuite, j'ai commencé à... j'ai quitté BNP, j'ai eu ma rupture conventionnelle, j'ai pu toucher un peu d'argent sur l'écriture. Et petit à petit, j'ai écrit, dit OK. Comme on dit dans le jargon, je me suis fait un PIDGETEC, j'ai fait cinq, six projets. Et je suis allé prospecter. J'avais déjà un agent à l'époque, mais qui m'allait pas, je suis allé chercher d'autres agents et je suis allé...
tapé aux portes des producteurs et en fait même si les prod me disaient non mais ce projet là c'est pas forcément pour nous ils disaient par contre tiens j'ai une idée pour toi sur tel était l'autre projet et en fait je me suis créé mon réseau comme ça et aujourd'hui quand je regarde derrière moi j'ai un réseau c'est un truc de fou faut lâcher les chevaux hyper important parce qu'en fait une porte peut t'ouvrir une porte peut t'ouvrir une porte peut t'ouvrir une porte qui en fait peut faire vraiment démarrer ton business
speaker-1 (31:59.072)
Et entre le moment où vous avez soumis cette Bible et le moment où vous avez vu votre série à la télé, il s'est passé combien de temps ?
speaker-0 (32:06.862)
ça a été course de fond. C'est pour ça qu'aujourd'hui, je vais te le redire, mais je pense que je me swag en te parlant. Je n'accepte plus qu'on me dise que ces émotions, c'est de la faiblesse. Je n'accepte plus ces inentendables pour moi et ces signes de brusquerie et de, n'ayons pas peur des mots, de bêtises, de bêtises émotionnelles.
J'ai mis 5 ans à sortir mon premier livre, j'ai mis 8 ans à faire exister De Grasse, j'ai mis 10 ans, 10 ans à faire exister mon deuxième roman. Mais merde, si j'en ai pas dans le ventre, c'est que... Qui en a dans le ventre, en fait, tu vois ? Et c'est pas parce que je me pose des questions et que je bredoue de temps en temps que je suis une petite chose fragile. C'est... quelle naïveté ! Quelle bêtise ! Chez ces gens-là ! Et que...
Vas-y, je vais sortir un mot à la pose, quelle outre cuidance de se dire je rentre dans ta vie, je vois que tu bafoues, que tu te poses des questions, que tu es faible. tu t'achèves et toi tu dis ça, sachant que tu encore en CDI à te faire chier et à te faire marcher dessus dans une autre espèce qui ne te va pas. Et tu m'expliques la vie. Je n'accepte plus. Ça, merci la maturité encore une fois, je te le redis, je n'accepte plus.
speaker-1 (33:30.574)
Comment tu gagnes ta vie concrètement pour entrer dans le vif du sujet ? Comment tu gagnes ta vie quand ton projet est en attente pendant huit ans ?
speaker-0 (33:37.166)
Là, concrètement, je gagnais ma vie avec mon salaire de chez BNP Paris Bas. Je gagnais ma vie avec le chômage et j'ai gagné ma vie aussi en travaillant sur des options, en diversifiant au maximum. Aujourd'hui, je me rends compte que j'avais aussi suffisamment, je ne dirais pas anticipé, mais j'avais géré la suite en étant extrêmement prudent.
Mais en ce moment, me pense, je pense que je suis trop prudent qu'il faut changer de paradis. Ça veut dire qu'il faut plus être prudent en économisant, il faut être prudent en investissement. Et là, il falloir que j'y passe. Donc, en fait, j'étais prudent par une forme de contraction. Et puis, je pense qu'on parle d'argent, mais on parle aussi de gérer une forme d'angoisse. Et donc, moi, je gère aussi en travaillant et puis en prenant des plaids et des rouilletés. Donc, concrètement, ça s'est passé comme ça pour gagner ma vie.
Et après, j'ai commencé vraiment à gagner ma vie en écrivant des épisodes de Degrasse et là, c'était... En fait, Arthé nous a signé au moment du Covid. Donc c'était 2020 et on a écrit en 2021. Moi, je suis parti, j'ai divorcé en 2020. Donc en fait, les choses se sont glissées de façon naturelle.
speaker-1 (34:52.724)
Et aujourd'hui, c'est quoi le modèle économique ?
speaker-0 (34:56.658)
Le modèle économique c'est toujours s'assurer d'avoir une tresorerie, de façon à pouvoir négocier et à gérer les moments de vie. Là par exemple je sais qu'au mois d'août je ne pas payé, ce qui est moi quand il y quand même un essoui assez petit bourgeois, assez gang petit, très difficile, sachant que j'ai fait un excellent mois de juin, très très bon mois de juin, et en fait quelqu'un de normalement constitué se dirait mais en gros, pourquoi tu t'angoisse, pourquoi est-ce que tu trimes encore au mois de juillet,
parce que j'ai des choses à boucler, j'ai des coauteurs et puis j'ai aussi envie de gagner un salaire pour le mois de juillet. C'est question de principe. Je devais animer une formation fin-oùt. J'étais content parce que j'avais un salaire, alors aller décaler au mois de novembre, c'est la vie. Et en fait, c'est bête parce que tu te dis que globalement tu vas avoir les mêmes revenus mais tu vas pas les avoir au moment où tu es sconté.
Il a des moments où il faut arriver à prendre un peu de hauteur, peu de distance, à réfléchir de façon différente. Non pas en salaire mensuel, mais en volume annuel. C'est une autre gymnastique. Mais ça va aussi, il faut accueillir ces choses-là parce que ça va être des moments de faiblesse psychologique. Il des moments de fatigue. On n'est pas des super héros. Puis tu vois, dans ce milieu du showbiz aussi, ça fait pas bien de dire que tu as besoin de boulot. Ça demande du courage de l'avouer.
Quand tu vois les gens dehors, c'est, il est devenu scénariste, il fait des séries, il fait des gros films et tout. Donc forcément, tout va bien. Parfois, moi là, en termes de flux de travail, je n'ai pas à me plaindre, mais il a même trop de choses. Donc ça, c'est encore une autre angoisse. Mais il y a eu des moments où j'ai pu avoir des angoisses de trous. Et là, je sais que ça va. Je suis très bon client pour le syndrome de la rentrée. vois, le janvier, septembre, c'est merveilleux. vraiment, c'est... Mais que va-t-il se passer ?
Oui, plus personne ne va me rappeler, ça va être terrible. Faut te laisser traverser par cette émotionnelle, te dire je pose le stylo et bon écoute, on va raison garder. Il y a des prises, tout est possible, tu passes des coups de fil, tu te trouves de boulot. Mais c'est vrai qu'il a un moment, je parle pour moi, je parle pour moi vraiment, il a un vrai travail de conscientisation et de façon de se muscler l'âme. Il n'y a pas d'autre mots. Il faut acquérir des réflexes, faut apprendre à changer, il faut se muscler l'âme.
speaker-0 (37:18.062)
c'est hyper important et c'est quelque chose que pour le coup les gens dans les boîtes classiques n'ont pas besoin de faire. Mais c'est un peu comme le syndrome de l'IA, en ne faisant plus ils abandonnent certains muscles, ils abandonnent certaines énergies, ce fait que nous on reste quand même alerte. Mais il veiller quand même un peu comme un sportif, il pas être en surréagie non plus, parce que tu peux boignoter, tu peux partir en dépression et tout. Mais j'aime bien cette tension là, elle te maintient alerte.
speaker-1 (37:44.416)
Baptiste, si on se revoit dans cinq ans, qu'est-ce que tu voudrais pouvoir me dire sur ton actualité, tes news, tes réalisations ?
speaker-0 (37:51.502)
Écoute, pourvu que ça dure, je suis très heureux d'être là où je suis. Je suis très reconnaissant envers la chance que j'ai eue et la chance que j'ai su provoquer. Donc je vais te dire un truc qui est un peu prétentieux, mais je suis reconnaissant en moi-même. C'est important de se dire merci parfois. Je suis encore reconnaissant envers les gens que j'ai pu rencontrer, qui m'ont fait confiance. D'une certaine manière, je suis reconnaissant envers les choses que j'ai pu traverser et je suis reconnaissant envers les gens qui ne savent pas qui m'aident.
et mes fils en font partie, mes parents aussi. Et non, je veux continuer de faire ce que je fais. Je veux continuer à gagner ma vie en créant. Je veux écrire d'autres livres, j'ai plein d'autres idées, je veux écrire d'autres séries, je veux écrire voir réaliser d'autres films. La chose que j'aimerais faire, si on se revoit dans cinq ans, j'aimerais que ma vie personnelle soit un peu plus alignée. Et ça, c'est un vrai beau cheminement.
speaker-1 (38:50.83)
Et où est-ce qu'on peut suivre ton actualité, Baptiste ?
speaker-0 (38:53.262)
Alors j'ai un peu suivi ma actualité, bah y les réseaux sociaux, j'ai un petit site web aussi où parfois je poste des petits posts sur un petit blog. oui, réseau, et là en termes d'actualité, qu'est-ce qu'il va y avoir ? va y avoir, bon je travaille sur notre série pour Arte, qui est sur le blanchiment d'argent aux Antilles, on a un gros moment de passage. Ils vont nous lire des textes, j'espère qu'on va aller au bout, mais là encore tout peut s'arrêter. Donc ça c'est la vie, il faut l'accepter, donc j'anticipe, je place mes pions. Je peut-être rebosser pour Netflix et autres.
Il a un film de là qui sort l'année prochaine sur lequel j'ai travaillé, un film sur Duma, le père d'Alexandre qui est né esclave et mort générale de Napoléon, qui est le plus gros film français de l'année prochaine avec Théo Marci, François Civil et Vincent Cassell. Et puis après, y a plein mal de choses en magasin avec d'autres longs métrages et d'autres projets de série qui peuvent, là qui sont en lecture dans les chaînes, donc ça peut aller très vite comme ça peut prendre plus de temps. Voilà, tu sais tout.
speaker-1 (39:48.536)
Ok. On te souhaite le meilleur. va suivre ça avec attention. Merci beaucoup pour ton temps et pour avoir partagé avec autant d'authenticité.
speaker-0 (40:01.326)
Merci, merci à toi, merci de me tendre le micro.
speaker-1 (40:05.286)
Je te souhaite une bonne semaine. Prends bien soin de toi. C'est ton business.
speaker-0 (40:08.142)
Merci. Belle semaine à tous.
speaker-1 (40:16.142)
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