Kasia (00:00.174)
Moi je préfère qu'on vienne me chercher sur les projets où le projet existe déjà, où on a identifié un besoin et on m'a identifié comme la personne qui pourrait répondre à ce besoin. Et donc il a un budget, il y a un brief, il y a des deadlines, plutôt que j'ai une idée, j'ai pensé à toi, tu veux pas qu'on fasse un truc ensemble. Un projet qui n'existe pas encore, ça veut dire qu'il va falloir que tu le conceptualises, peut-être que tu co-cris le projet à quelqu'un d'autre et que tu y passes du temps avant même de pouvoir le vendre.
et sachant que tu as déjà fort à faire dans ta propre activité, n'est peut-être pas le meilleur plan. Vous écoutez Bien à mon compte, le podcast business et bien-être pour les indépendants qui veulent transformer leur activité en une source de revenus réguliers, d'impact et d'épanouissement. Je m'appelle Cassia, je suis à mon compte depuis 2009 et je suis bien placée pour savoir qu'être indépendant c'est une aventure passionnante. Mais parfois c'est aussi se sentir seul face à des défis complexes. Pouvez des clients, jonglez entre les projets pro et la vie perso.
ou encore traverser des périodes de doute et de creux, surtout quand on est hyper sensible et cérébral comme moi. Dans ce podcast, je partage des stratégies concrètes pour se faire connaître et signer plus de clients, des outils pour calmer les ruminations et les montagnes russes émotionnelles, ainsi que des interviews d'indépendants inspirants qui montrent les mille une façons de s'épanouir à son compte. Alors si tu veux plus de clients, plus de plaisir et plus de sécurité dans ton activité indépendante, écoute l'épisode d'aujourd'hui.
Kasia (01:26.19)
Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de Bien à mon compte. Je te propose de parler de partenariat. Comment savoir si un partenariat qu'on te propose est réellement intéressant ? Comment identifier les risques potentiels avant de t'engager ? Poser des limites lorsque certaines choses qui se passent dans la collaboration te déplaisent ? Et enfin, comment mettre fin proprement à un partenariat qui ne te convient plus ?
Ce sont toutes les questions auxquelles je vais te proposer des solutions et des principes de réponse tout au long de cet épisode. Parce que c'est pas parce que tu es solo que tu travailles forcément toute seule. Au contraire, au fil de ton activité, tu peux être amené à t'associer ponctuellement ou de façon durable à beaucoup d'autres personnes différentes. Par exemple, tu peux monter une équipe avec d'autres freelance pour répondre à une mission. Ce que j'ai souvent fait quand je travaillais en communication mais aussi en production audiovisuelle.
Tu peux travailler avec une agence, un apporteur d'affaires ou même un ancien client. Tu peux créer une œuvre avec quelqu'un dont les compétences complètent les tiennes. Tu peux aussi sous-traiter une partie de ton travail, échanger des compétences ou encore construire un projet avec une amie, ton conjoint, pourquoi pas, ou quelqu'un que tu apprécies personnellement. Tu peux encore construire un projet avec quelqu'un d'autre sans que cela ne t'engage à créer une boîte avec.
Donc les partenariats peuvent te permettre d'accéder à des projets et à des clients que tu aurais eu du mal à démarcher seul, d'acquérir de nouvelles compétences aussi, de rencontrer un nouveau réseau, de nouveaux clients et donc de gagner davantage d'argent. Et puis ça te fait aussi travailler en équipe, ce qui parfois est très appréciable. Et parfois, ça peut aussi être une source de stress, de frustration ou même de ressentiment.
Il suffit d'avoir accepté un projet un peu trop rapidement, de ne pas avoir posé suffisamment de questions, ou de ne pas avoir clairement défini le rôle de chacun pour se retrouver à faire beaucoup plus de travail que prévu, ou à être dans une situation dont on ne pas vraiment comment sortir. D'autant plus, quand tu es hyper sensible ou très empathique, tu peux avoir envie de dire oui immédiatement parce que le projet t'enthousiasme.
Kasia (03:30.638)
parce que tu apprécies la personne qui te le propose ou tout simplement parce que tu sors d'une traversée du désert et c'est le premier plan professionnel qu'on te propose depuis un moment et donc t'as envie de dire oui. Tu peux aussi avoir peur de paraître méfiante ou relou en posant des questions un peu trop précises. Tu peux accepter des conditions qui ne pas franchement avantageuses pour faire plaisir à l'autre ou pour pas faire de vagues. Et puis une fois que la collaboration est lancée,
Ça va être compliqué de donner un feedback, d'exprimer un désaccord ou juste d'annoncer que tu ne souhaites plus continuer. Donc cet épisode, c'est un peu une grille de lecture que je te propose pour évaluer un partenariat avant de dire oui, pour poser un cadre clair, repérer les signaux d'alerte et, bon, lorsque c'est nécessaire de se séparer proprement. Je vais évidemment m'appuyer sur ma expérience parce que je me suis associée plusieurs fois au cours de ma vie professionnelle. Très souvent, ça s'est très bien passé.
Et ça m'a vraiment fait monter en expérience, ça m'a vraiment permis aussi d'accéder à catégories de clients qui m'étaient inaccessibles parce que j'étais solo. Typiquement, les grands comptes, les grandes boîtes travaillent plutôt avec des agences ou des collectifs plutôt qu'avec des freelances en direct, même si des exceptions existent toujours. Il y a aussi certaines fois où ça a vraiment viré au cauchemar et c'est devenu tellement invivable au point où c'était vraiment une source d'angoisse et de stress permanents.
Je préfère commencer par le positif et donc qu'est-ce qu'un bon partenariat ? Donc cela va sans dire, mais un partenariat satisfaisant, c'est un partenariat qui est mutuellement bénéfique. C'est une situation dans laquelle 1 plus 1 égale 3. Le fait de travailler ensemble crée davantage de valeurs que si chacun travaillait de son côté. Et cette valeur supplémentaire peut prendre différentes formes. Ça peut être une offre plus complète qui permet de démarcher des clients plus exigeants ou avec un scope plus grand. Une mission plus longue, plus complexe.
peut être aussi une amélioration dans les process de travail. Ça peut aussi t'exposer à plus de créativité ou une autre façon d'aborder les questions stratégiques. Et puis ça donne aussi une expérience que tout simplement tu n'auras pas à pu vivre seule. Ça ne veut pas dire que chaque élément doit être partagé exactement à 55 ans pour que ce soit satisfaisant. Du moment que celle qui en gagne moins, forcément si elle en gagne moins c'est aussi parce qu'elle est peut-être moins présente sur tout le scope de la mission.
Kasia (05:48.014)
peut-être qu'elle prend en charge beaucoup moins de responsabilités et du coup, même si je gagne moins d'argent, ça me va parce que j'ai moins de choses à faire aussi. On peut avoir des deals 70-30, 60-40 ou même 90-10, comme c'est cas, par exemple, pour les apporteurs d'affaires ou les agents. Certes, tu donnes une partie ta rémunération à quelqu'un, mais cette personne t'a trouvé le taf, donc t'as pas eu de travail commercial à faire, t'as pas eu de marketing à faire, ça t'est arrivé tout cuit dans le bec et...
Ce confort-là, il se rémunère à hauteur de 10 à 15 % de ta prestation. Et même si c'est plus, même quand c'est 30 % voire 40%, ça peut quand même valoir le coup parce que 60 % d'un très gros gâteau, c'est mieux que 90 % ou 100 % d'un tout petit gâteau. Donc pense qu'il ne pas toujours chercher l'égalité parfaite, mais plus le sentiment d'équité. Et la vraie question, c'est est-ce que chacun estime que ce qu'il donne et ce qu'il reçoit est juste compte tenu du projet ? Et ce que j'ai remarqué.
c'est que pour qu'un deal puisse être mutuellement bénéfique, il faut qu'il repose sur une complémentarité de compétences. Les rares fois où ça s'est pas très bien passé, c'est quand je me suis associée à des personnes qui étaient trop proches de mon propre profil. Par exemple, quand deux créatifs s'associent, il va manquer le côté commercial. Ou quand deux commerciaux s'associent, il peut manquer le côté technique. Ou quand deux técos s'associent, peut manquer le côté com.
Donc pourquoi pas faire venir une troisième personne, ça peut être une solution. Mais il faire vraiment attention, surtout quand on s'associe sur la base d'atomes crochus, d'affinités personnelles et parfois tout simplement parce qu'on a envie de faire un truc à quelqu'un. On rencontre une personne géniale, on adore passer du temps ensemble. On a à peu près le même regard professionnel. Donc on se dit de façon très logique, faisons un truc ensemble, bossons ensemble. C'est pas trop ce que ça va être, mais pourquoi pas ? Et alors c'est que mon expérience. si toi tu as une autre expérience, elle est parfaitement valide et j'en fais pas du tout une règle générale.
Mais dans mon expérience, toutes les fois où ça a capoté, soit parce que finalement on n'a pas réussi à décoller et il s'est rien passé, l'enthousiasme s'est étiolé et il n'a pas été suivi de suffisamment d'actions, soit ça s'est carrément infecté, la situation est devenue invivable, c'est précisément parce qu'on est parti de cette situation-là. Donc j'insiste là-dessus, il faut qu'il ait une certaine complémentarité. Je reviens une seconde en arrière sur les bénéfices. Ces bénéfices sont parfois tangibles et pas toujours.
Kasia (08:12.96)
On peut considérer que l'argent gagné, c'est un bénéfice tangible qui va participer au sentiment de satisfaction générale. Mais ça peut être aussi les clients rencontrés, les contacts obtenus, les compétences acquises, les supports produits. Tu as des choses que tu vas pouvoir mettre dans ton portfolio. La visibilité apportée. Tout ça, c'est des bénéfices tangibles. Mais il aussi le bénéfice intangible qu'on peut prendre en compte. Quel plaisir à travailler ensemble. L'intérêt intellectuel ou créatif ou humanitaire ou militant d'un projet.
la fierté d'avoir participé. L'expérience aussi peut être intéressante. Je me souviens de projets qui n'étaient pas super bien payés, mais qui nous emmenaient en tournage à l'étranger sur un week-end. On était entre potes, sauf qu'on venait pour travailler et c'était franchement génial. Donc ça fait partie de la valeur globale du projet. C'est des choses aussi à regarder parce que parfois, justement, on te propose un partenariat qui est super bien payé, mais où les bénéfices intangibles sont très faibles. Tu vas être amené à bosser avec des personnes.
dont tu sais qu'elles sont un peu compliquées ou en tout cas où la communication n'est pas fluide ou que l'expérience ne pas être forcément super fun, ou à l'inverse. T'es dans une situation dans ton entreprise, dans ton parcours où ça ne te suffit plus, où tu as aussi besoin de bénéfices plus tangibles avant d'accepter. Donc voilà, pour récapituler, un bon partenariat, c'est un partenariat qui est mutuellement bénéfique, qui repose sur la complémentarité et qui permet de créer de la valeur ensemble. Et il peut y avoir plusieurs formes de partenariat.
La première à laquelle on peut penser, c'est la co-création ou l'association de talents, où deux, trois, quatre personnes réunissent leurs compétences pour créer une prestation, une offre, un projet, en recherchant bien sûr la complémentarité dont je parlais. Un photographe et un vidéaste, un graphiste et un développeur web, ou deux créateurs qui organisent un événement ou un problème commun. L'intérêt repose généralement sur cette complémentarité de compétences qui permettent de répondre à un appel d'offre plus vaste et de rassurer davantage aussi que si on se présentait tout seul.
Un autre type de partenariat fréquent, c'est l'apport d'affaires ou l'intermédiation. C'est quand une personne ou une structure t'apporte des clients, littéralement, ou te met en relation avec des prospects. Ça peut être donc une agence qui va te missionner avec un budget qui est souvent prédéfini. Tu as assez peu de marge de négociation, mais elle existe néanmoins. Un agent qui va se prendre une commission sur les contrats qu'il t'apporte, ou un apporteur d'affaires, ça marche aussi. Ça peut être aussi quelqu'un qui te coop.
Kasia (10:40.782)
et qui va percevoir une rémunération, ce ne sera pas sur ton budget à toi, ce sera sur le budget de l'employeur. Si tu travailles avec un apporteur d'affaires, va être important de clarifier la rémunération de l'intermédiaire, à quel moment elle intervient. Est-ce qu'elle intervient au moment de la prise de contact ou est-ce qu'elle intervient au moment de la signature ? Si toi tu apportes du business à d'autres indépendants ou d'autres entrepreneurs, tu peux demander à être rémunéré à la signature du contrat, ce qui correspond souvent à un pourcentage plus élevé ou...
peut être rémunéré au nombre de lits que tu ramènes à une société sur un mois. Donc le pourcentage serait en général moins élevé, mais le processus de vente ne dépend pas forcément de toi. Ça peut donner aussi l'impression d'être plus en contrôle, fait. Parce qu'admettons que toi, tu sois très bon à ramener des prospects, mais que derrière, la société ne pas très bonne pour convertir les prospects en clients. Ça peut être moins avantageux pour toi d'être payé à la signature. Et si quelqu'un m'apporte du business, est-ce que je dois le rémunérer ou pas
Moi, il m'arrive assez souvent de recommander des personnes entre elles parce que ça me fait plaisir, fait. Ça me fait plaisir et c'est pas mon métier. C'est pas là-dessus que je gagne de l'argent. Si je le faisais de façon professionnelle, je clarifierais les attentes en amont. Je dirais, je pense que je peux t'apporter des clients, mais est-ce que tu serais OK pour me reverser tel pourcentage si tu signes ? Mais moi, ça ne m'intéresse pas. Pour moi, la récompense de faire ça, c'est de créer de la valeur au sein de mon réseau. Et cette valeur-là, je sais que...
même si elle est intangible, elle me reviendra sous une forme ou sous une eau, donc je m'inquiète pas. Et à l'inverse, si on m'apporte des clients sans que j'ai rien à faire, j'ai toujours envie de remercier la personne en fait. Ça passe par soit lui faire un cadeau, ça peut être franchement l'inviter à déjeuner, lui envoyer un livre. Quand mes clientes me recommandent dans leur cercle et que je, par exemple, je signer un contrat avec une amie de ma cliente ou une collègue à la suite de sa recommandation, en général, ma cliente, je lui offre une séance de coaching supplémentaire. Parce que ça me fait plaisir.
Je trouve ça important aussi de renvoyer l'ascenseur, mais si je le faisais de façon professionnelle, je clarifierais auparavant que je peux te présenter un prospect intéressant. Est-ce que tu veux que je vous mette en relation en échange de 5, 10, 15 % de la prestation ? Autre type de partenariat, c'est la délégation ou la sous-traitance. Soit une partie de ton travail, soit une partie de tes clients, soit une tâche dans ton workflow, à un autre freelance, à voir une autre société.
Kasia (13:02.434)
Et ça fonctionne dans les deux sens. Soit toi, tu sous-traites une partie de ta prestation, soit toi-même, tu interviens comme sous-traitante pour une autre personne ou une agence. Ce genre de situation est assez fréquent. Et là aussi, c'est pas mal de définir qui parle au client. Il vaut mieux qu'il ait un intermédiaire. D'expérience, quand il a trop d'intermédiaires avec le client, ça part en cacahuètes parce qu'on n'a pas tous les mêmes informations et ça perturbe en fait le client. Donc qui parle au client ? Qui valide le travail ?
qui facture, qui est responsable en cas de problème. Et puis bien sûr, tout ce qui est délais, nombre de modifs, est-ce que j'ai le droit de montrer ou non le projet dans mon portfolio ? Parfois, on peut sous-traiter à quelqu'un en disant, écoute, c'est un projet confidentiel, je veux pas que le client sache que j'ai sous-traité, donc je te demande de ne mettre dans ton portfolio. Si j'interviens en marque blanche ou en prestataire pour une autre agence, parfois c'est ok de montrer le travail de le mettre dans son portfolio, parfois c'est pas ok. Donc ça, vaut mieux le clarifier avec le client ou l'intermédiaire.
Autre type de partenariat, c'est l'échange de compétences. Alors celui-ci peut ressembler à du troc professionnel, dans la mesure où il a pas forcément de circulation d'argent, mais on va échanger des valeurs. J'ai vu des clientes thérapeutes offrir des séances de soins à des créatrices de contenus. Je t'offre une session de drainage lymphatique en échange de la création de trois postes. L'échange de compétences peut être une solution quand il a pas le budget pour sortir le cash, mais...
on peut avoir soi-même une compétence de valeur dont l'autre a besoin et si c'est ton cas, et l'audace de proposer. Au pire on te dit non, mais ça vaut le coup de demander, ça coûte rien comme on dit. Et si toi-même tu es le destinataire de ce genre de propositions, ne te vexe pas. Ne sois pas offensé qu'on te propose un troc, ça ne pas dire qu'on ne voit pas la qualité de ton travail, au contraire, cette personne a tellement envie de travailler avec toi qu'elle prête à faire un troc pour que ça se fasse. En revanche, pour que ce soit satisfaisant, on revient à la sine qua non.
c'est qu'il faut que les valeurs échangées soient similaires. Par exemple, je ne pas échanger une séance photo de 1 heure contre la création d'un site web. Parce que la différence de valeur, la durée de la prestation, ne pas sens. De même que si on te propose des produits gratuits, si les produits ne te plaisent pas, si tu ne les porterais pas, tu ne les offrirais pas, tu n'en aurais aucun usage, alors dans ce cas-là, non. Malheureusement, l'échange ne sera pas satisfaisant.
Kasia (15:27.854)
Un autre type de partenariat possible, c'est le partenaire entre proches. Qui peut être très flou, parce que c'est justement un partenariat dont l'origine c'est l'affinité ou l'amour ou le plaisir qu'on prend travers quelqu'un, ou même l'envie de l'aider, mais qui n'a pas toujours de contour très défini. Comme de travailler avec sa meilleure amie, avec son conjoint, avec un membre de la famille, ou une personne avec laquelle on a déjà une relation affective.
Et le fait de s'apprécier ou de bien s'entendre peut faciliter certaines choses, mais ça ajoute aussi une couche supplémentaire de complexité. Un désaccord dans le cadre professionnel peut aussi contaminer la relation personnelle ou l'inverse, puisque la peur d'abîmer la relation personnelle peut empêcher d'aborder les vrais problèmes qui surgissent. J'ai le cas d'une cliente dont le mari s'est gentiment proposé pour lui faire une vidéo et elle a accepté parce que ça l'arrangait bien. Sauf que ça fait six mois qu'il est dessus. Et à chaque fois qu'elle lui demande « T'en es où de la vidéo ?
Il lui répond, il que je m'y mette, il que je m'y mette, t'inquiète. Et bien sûr, bout d'un moment, elle lui dit, ben écoute, tu quoi, c'est pas grave, je vais me débrouiller, faire autrement. Il dit non, non, s'il te plaît, laisse-moi faire, ça me vexera que tu passes par quelqu'un d'autre, je peux le faire. Sauf que, ben ça se fait pas. Et c'est typiquement un exemple de partenariat qui part d'un bon sentiment, d'une bonne intention, mais qui peut vite devenir frustrant. Moi, j'ai tendance à être vachement prunante aujourd'hui sur les associations avec les proches, justement pour ces raisons-là.
Après, ça peut aussi très bien se passer, surtout quand on définit le cadre. Et justement, qu'est-ce qu'il faut évaluer avant de dire oui ? Premier principe de base, principe de bon sens, c'est de ne jamais dire oui immédiatement. ? Même lorsque le projet t'enthousiasme énormément, tu peux dire un oui de principe ou un oui, me plaît, mais toujours, laisse-moi y réfléchir. Voici ce que tu peux dire quand quelqu'un t'approche, mais que tu n'as pas encore assez d'infos pour donner un consentement éclairé, en fait.
Merci d'avoir pensé à moi, le projet m'intéresse. J'aimerais que tu m'en dises davantage avant que l'on confie en quoi que ce soit. oui, ça me parle bien, je suis ouverte à cette idée. Mais il faudrait qu'on parle précisément du périmètre avant de te donner une réponse définitive. Prendre le temps de réfléchir, c'est pas doucher l'enthousiasme de l'autre. C'est en fait une manière de protéger le projet et les personnes impliquées, dont toi, mais aussi l'autre. Quels sont les informations qu'il faut que tu réunisses avant de t'engager sur un projet ? Déjà, c'est quoi l'objectif du projet ?
Kasia (17:51.854)
à qui est-ce qu'ils s'adressent, quel est le résultat attendu, qu'est-ce que l'autre attend précisément de toi, à ce qu'elle compte prendre elle-même en charge, est-ce qu'elle te demande de faire, qu'est-ce qu'il a une deadline ou pas, ça va être quoi le calendrier de travail, qu'est-ce que ça va te demander comme aménagement dans ton propre planning, qui fait quoi exactement, qui va valider le travail, qui va échanger avec le client, qui va suivre le planning et organiser les réunions, qui produit les livrables, qui fait les corrections.
qui est responsable en fait quand il a un problème, quand il un délai qui n'est pas tenu ou quand il a un désaccord. Parfois la personne qui vient te chercher ne saura absolument pas répondre à toutes ces questions parce qu'elle vient te solliciter très très en amont d'un projet ou d'une idée. Et dans ce cas là, ça vaut le coup de se poser une heure à clarifier ces choses plutôt que de dire oui et te trouver à découvrir le projet au fur et et te rendre compte que le pitch de base qu'on t'a fait ne ressemble absolument pas à ce qu'on te demande de faire aujourd'hui.
Et justement, éviter les mauvaises surprises, parlons d'argent dès départ. C'est quoi le budget ? Est-ce qu'il est négociable ? Y compris si c'est un projet d'avant vente, c'est-à-dire c'est de la R &D, on te propose de créer quelque chose, donc pour le moment, il n'y a pas de budget. Mais il quand même expliciter combien on espère le vendre et comment on va se répartir l'argent. Moi, je préfère qu'on vienne me chercher sur les projets où le projet existe déjà, où on a identifié un besoin et on m'a identifié comme la personne qui pourrait répondre à ce besoin.
Et donc il a un budget, y a un brief, il y a des deadlines, plutôt que j'ai une idée, j'ai pensé à toi, tu veux pas qu'on fasse un truc ensemble. Un projet qui n'existe pas encore, ça veut dire qu'il va falloir que tu le conceptualises, peut-être que tu co-cris le projet à quelqu'un d'autre et que tu y passes du temps avant même de pouvoir le vendre. Et sachant que tu as déjà fort à faire dans ta propre activité, c'est peut-être pas le meilleur plan. Mais en partant du principe que c'est un projet déjà un peu concret,
faut aussi clarifier tout ce qui est propriété intellectuelle et visibilité. Qui possède les fichiers qui sont créés ? Qui est considéré comme l'auteur ou le porteur du projet ? Comment se répartit la propriété intellectuelle ? Comment se répartit les crédits ? Comment ça va être présenté aux clients ? Est-ce qu'on peut intégrer le projet dans son portfolio ou pas ? Et puis il y a aussi les partenariats qui ont requiert une forme d'exclusivité, voire une exclusivité totale. Honnêtement, il a pas de règles. Certaines agences vont te dire « Non, mais tu peux travailler avec d'autres personnes, il n'y a pas de souci
Kasia (20:16.878)
surtout quand c'est sur pendant dans d'autres pays ou sur d'autres compétences. Mais il aussi des agences qui vont te dire, ben non, fait, si tu rentres dans notre agence, tu rentres dans notre galerie, tu signes un contrat d'exclusivité, donc toutes tes ventes passeront par non. Sache que l'exclusivité se paie. Elle se paie donc en prestige, en visibilité, soit elle se paie en nature, avec une rémunération plus importante, qui compense le manque à gagner à ne pas travailler avec d'autres acteurs. Lise bien les contrats, lise bien les tenants et les aboutissants.
pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Je viens du coup à un aspect très important, c'est de mettre les choses par écrit. Je me souviens pas forcément d'aller chez le notaire ou chez l'avocat, mais au moins de se faire des emails récap, de travailler sur des documents pour qu'elles en puissent se référer à tout moment. Ça peut être de signer un devis aussi avec des conditions générales de vente. Évidemment, ça peut aussi aller jusqu'à signer un contrat de sous-traitance, un contrat d'apporteur d'affaires ou un contrat même plus complet.
Sans être trop formel, il suffit après une réunion d'envoyer un mail de type juste pour être certain que nous sommes bien alignés, je te récapitule ce que nous avons décidé, dis-moi si j'ai omis des éléments. Pour reprendre, voici le projet, les rôles, les délais, le budget, les modélités de communication, les prochaines étapes. Rien ne t'oblige non plus à t'engager sur une longue durée immédiatement. Tu peux aussi commencer par un test. Dans les faits, c'est souvent ce qui se passe, on fait une première mission ensemble ou on s'engage sur une courte période, sur un événement, sur un lancement, sur un produit ou un pilote.
Et puis, on voit ce qui se passe. On teste du coup si le match fonctionne, si la pertinence de l'association est là. Ça te permet aussi de voir comment les uns les autres travaillent. Donc, s'il a moyen d'intégrer ce test, ne t'en prie pas. Donc, pour récapituler, voici les questions à te poser avant de dire oui. Déjà, est-ce que j'ai envie de faire le projet ? Est-ce que je vois une vraie complémentarité entre nous ? Qu'est-ce que je vais gagner concrètement ? Qu'est-ce que je vais apprendre ?
La rémunération, le budget ou la forme de rémunération qu'on propose est-elle cohérente avec le travail demandé ? Est-ce qu'elle est satisfaisante ? Est-ce que les bénéfices intangibles faute de budget ont-ils une vraie valeur à mes yeux ? Je l'ai dit, on peut nous proposer des choses, échange mais qui ne nous intéressent pas, donc il est possible de dire non à ce moment-là. Et puis des questions plus précises. Combien temps est-ce que ça va réellement me demander dans une semaine ou sur un mois travail ? Est-ce que j'ai aujourd'hui cette disponibilité
Kasia (22:35.886)
Si la réponse est non, quelles autres priorités devront être repoussées si j'ai envie de dire oui ? Est-ce que je me sens sur un pied d'égalité avec l'autre, où je peux poser toutes les questions que je veux, je peux faire toutes les remarques que je veux et elles sont accueillies avec bienveillance et curiosité ? Ou est-ce que j'ai l'impression d'être toujours un petit peu sur la réserve par peur de vexer l'autre ou que l'autre se dise que je suis relou ? Est-ce que la personne respecte mes délais de réflexion et mes propres limites ? Est-ce que nos styles de communication sont compatibles ?
Qu'est-ce qui se passe si j'ai envie d'arrêter ? Est-ce que je peux sortir du projet ? Quels sont les conséquences ? Je sais que ce pas des questions qu'on a à me se poser, mais je pense que c'est nécessaire parfois de se dire si jamais on se marie et qu'on divorce, est-ce que j'ai confiance que cette personne sera cordiale, civile et que ça va bien se passer ? Bien sûr, on ne pas toujours savoir. veux dire si déjà au début de la relation, on se dit « oulala, je sens que si je m'engage là-dedans, si je mets le doigt dans l'engrenage, ça va être difficile d'en sortir »,
pense que c'est un signal très important à prendre en compte. Moi, pense que notre intuition, elle nous parle assez tôt et d'un côté, le projet nous enthousiasme et on voit plein d'avantages, mais de l'autre côté, on est quand même un peu partagé parce qu'il a des trucs qui ne pas tout à fait clairs. Et voici quelques red flags auxquels il faut vraiment faire attention avant de dire oui. Premier red flag, c'est que le projet est super flou. Et puis la personne s'exprime en termes vagues, elle parle de vision, d'ambition, de potentiel, elle a l'air très...
enthousiaste à l'idée de ce qu'elle fait, mais toi derrière tu ne comprends pas forcément. Et puis dès que tu demandes qui fait quoi, combien tu seras payé, etc. les réponses restent vagues ou on te dit je te dirai plus tard. Ça c'est quand même un red flag. Autre red flag c'est quand on te demande de te décider immédiatement. Et je ne parle pas du cas de figure où on t'appelle pour te dire j'ai une mission, c'est pour après demain.
il faut que tu me dises oui ou non, mais ce sera assez pour un événement, ça va durer trois heures, le budget est de temps et j'ai besoin de savoir tout de suite. Je parle pas de ce genre de pression là où il a une vraie urgence mais qui est factuel en fait. Je parle des situations où il a pas vraiment d'urgence, pourtant l'autre te demande assez vite de t'engager, de dire oui et puis c'est pas juste sur un événement ou sur un job, c'est d'y aller à fond. Comme si tu venais de rencontrer quelqu'un et tout de suite on te demande si tu penses que ça peut aller quelque part.
Kasia (24:57.192)
Viens vivre avec moi, on s'installe ensemble, faisons un pax. Si la personne est pressée, tu risques de ne pas prendre le temps nécessaire à la réflexion. Autre red flag, c'est qu'il a rien d'écrit. On te parle d'un budget de 50K, on te parle de superbes opportunités, de clients premiums, sauf que rien n'est posé par écrit. Et limite la personne refuse de mettre par écrit les choses parce qu'elle ne pas s'engager sur des choses qu'elle ne pas pouvoir honorer.
Autre red flag, c'est quand les questions financières sont justement évitées, totalement évincées de la conversation, voire quand la personne se fâche et sur la défensive quand tu parles d'argent. Et encore pire si tu dois en plus avancer des frais. là là ! Énorme red flag si on te demande en plus d'avancer des frais ou d'engager une prestation avant même de savoir les tenants et les aboutissants. Non, désolé, mais red flag. Autre red flag, j'en ai parlé, mais c'est quand la complémentarité n'est pas claire.
soit la complémentarité n'est pas claire, soit tu vois pas trop la valeur ajoutée de cette association. Tu vois la valeur ajoutée pour l'autre, mais pas pour toi. Dans ce cas-là, soit vraiment super clair sur de quoi as-tu besoin, qu'est-ce qui te soulagerait dans ton workflow, plutôt que de t'associer sur une compétence sur laquelle tu n'as pas vraiment besoin de t'associer. Je pense aussi que le comportement général de la personne ou ton feeling par rapport à elle est un red flag en elle-même.
c'est une personne dont tu ne partages pas forcément les valeurs mais avec qui tu vas être amené à travailler de façon très serrée. Si tu vois que le style de la communication de la personne ne matche pas le tien, par exemple si tu te personnes très réactive et quand il a un problème, soit elle panique, soit elle stresse énormément, soit limite elle devient accusatrice et violente, je pense que c'est aussi un red flag qui mérite d'être interrogé. Et globalement si ton intuition te dit quelque chose, ça veut pas dire qu'il a forcément un problème et qu'il faut rejeter le partenariat.
Mais ça veut dire tout de même qu'il un élément qui mérite d'être examiné et explicité. Plutôt que de l'ignorer, cherche ce est créé, ce malaise en fait. Est-ce qu'il a une incohérence dans le discours ? Est-ce que c'est une pression que tu ressens ou que l'autre te met ? Parfois la pression, on se la met tout seul, hein, très souvent d'ailleurs c'est le cas. Est-ce que c'est le manque de clarté ? Est-ce que c'est la façon de s'exprimer ? Par exemple, il a des gens qui ont un style écrit assez sec. C'est pas toujours volontaire mais voilà.
Kasia (27:18.206)
Tu reçois ce genre de mail, ça peut être désagréable. Est-ce que aussi parce que tu ne crois pas la promesse ? On te vend un projet qui a l'air génial sur le papier, mais toi, avec ton expérience, avec ce que tu connais du marché, tu n'y crois pas trop. Ou juste, ça te rappelle une mauvaise expérience passée. Et je t'en conjure, si jamais tu as un signal comme ça, ne l'ignore pas. C'est très facile de l'ignorer. Déjà parce que parfois, on n'a pas envie de le voir. Parce qu'on est nous-mêmes hyper emballés par le projet.
On a envie que ça se fasse, on a envie que les promesses se réalisent. On n'a pas envie de se projeter dans quelque chose de négatif et de se dire que ça pourrait ne pas marcher. On peut aussi avoir tendance à ignorer ces signaux parce que, bah, on faire plaisir à la personne, on a du mal à poser des limites. On veut pas casser l'ambiance, à poser trop de questions sur la propriété intellectuelle et qui parle aux clients, voilà. On veut pas être catalogué comme la personne difficile. Mais sache qu'une personne professionnelle ne va pas être offensée.
par toutes ces questions, elle va plutôt être rassurée du fait que tu la prends au sérieux. Parfois aussi c'est la peur de passer à côté d'une opportunité parce que tout simplement on a besoin de cette mission. vois, on a besoin de tafler là, donc ça nous arrangera que ça se passe bien. Et du coup, on peut avoir tendance à fermer les yeux sur certains aspects, qu'on a bien vu que là c'était problématique, on a bien vu que la personne, elle n'est pas super agréable, mais on a besoin du job. Bon, je pense qu'on a le droit de dire oui.
Personne n'a dit que le travail devait toujours être une partie de plaisir, c'est quand même assez récent comme concept même. bon, si c'est le cas, mieux vaut l'expliciter, mieux vaut clarifier les choses avec soi-même et voir comment on peut se protéger, par exemple des débordements, parfois il a juste des limites à poser, plutôt que de foncer tête baissée pour ensuite mordre la poussière et s'amendre les doigts. Maintenant si tous les signaux sont ouverts et que tu te lances,
Voici quelques conseils pour que ça se passe bien tout du long et que ce soit super agréable de bosser ensemble. Mets en place des outils partagés. Ça peut être un calendrier synchronisé ensemble, un WhatsApp dédié, un Google Doc ou un Google Drive sur lequel vous pouvez partager vos travaux respectifs ou une application typée Asana ou Monday ou Trello. Mais c'est important que chacun puisse voir ce qui est en cours, ce qui a été décidé et quelle est la prochaine échéance.
Kasia (29:39.402)
Deuxième chose importante, c'est de créer des rituels de communication et pas que quand il passe quelque chose. Donc ça peut être un point hebdomadaire, quoi qu'il n'arrive. Ça peut être un débrief après chaque réunion client. Ça peut être un point mensuel ou une réunion à la clôture du projet. Si par exemple, tu es chef de projet, moi je te conseille quand même de tenir tes prestataires au courant en disant, j'ai toujours pas de retour du client. Je te tiens informé dès que j'ai quelque chose, donc pas de nouvelles, mais ne t'inquiète pas, le projet est en cours.
ça ne mange pas de pain, ça prend littéralement 30 secondes et ça fait du bien à tout le monde dans le projet de savoir où est-ce qu'on en est, même si ça n'a pas avancé. C'est toujours bien d'expliciter les préférences de communication. Certaines personnes sont très mails, d'autres très messages, WhatsApp. La question fâcheuse des vocaux aussi. Et puis les délais de réponse. Il a des gens qui répondent du tac au tac et qui ne comprennent pas pourquoi des fois il des mails qui sont laissés en attente 24-48 heures.
Et à la verse, aussi ceux qui bossent sur plusieurs projets, ont un temps de mailing défini dans une journée et du coup ne répond pas du tac au tac. Et vaut mieux expliciter ça en amont. Justement, moi je fais partie des gens qui répondent souvent du tac au tac quand ils le peuvent, mais c'est pas toujours possible parce que parfois j'en suis en mail et je en session cliente ou je suis en train d'enregistrer un podcast, donc je réponds pas dans la minute. Mais c'est vrai que tout ce qui est formule « bonjour, comment vas-tu ? et « je te souhaite une agréable journée », je le mets, mais bon.
Quand on travaille en équipe, je ne le mets pas systématiquement. Il faut le savoir avant de travailler avec moi. Et puis, quand est-ce qu'on fait les débriefs, justement ? Quand est-ce qu'on va faire nos points ? Est-ce qu'on les fait après le projet, pendant le projet ? Le fait de poser des points de débrief régulièrement va aussi créer l'espace et l'opportunité d'apporter des remarques constructives ou de clarifier des choses qui ne nous conviennent pas complètement.
Dans les faits, a tendance quand quelque chose ne va pas à prendre sur nous et à se dire bon bah c'est l'effet du métier, c'est comme ça, c'est pas très grave, c'est juste une fois et bon, on n'a pas besoin d'en faire une histoire. Moi je suis plutôt partie de l'école où il faut dire ce qui ne va pas avant que le ressentiment s'installe en fait. Parce qu'une fois que le ressentiment est là, c'est beaucoup plus dur de sauver la relation, de sauver la prestation. Des fois on se dit c'est pas grave, je retravaillerai plus jamais avec cette personne. Enfin, si c'est quelqu'un à qui on tient.
Kasia (31:54.926)
parce que c'est un proche, parce que c'est une amie, parce que c'est un partenaire avec qui on voudrait établir justement une relation durable sur le long terme, ça vaut le coup, je pense, de lui en parler, de lui dire écoute, j'ai eu un problème sur tel sujet, c'est problématique quand tu fais ça, est-ce que tu peux faire ceci ou cela ? Puisqu'on parle des red flags, je pense que c'est important aussi de faire sa propre checklist pour ne pas soi-même être un partenaire toxique. Parce que ça marche aussi dans les deux sens, parfois nous-mêmes,
involontairement en fait par notre tempérament, par des habitudes qu'on a, ou même notre façon de processer nos émotions, nous pouvons devenir un partenaire à qui il n'est pas facile de travailler. Première chose à éviter pour ne pas être toxique, c'est de ne pas être trop silencieuse, de ne pas disparaître. Communique régulièrement en fait. Communique même s'il ne sait rien passer de nouveau. Communique pour dire que le client réfléchit encore à la proposition. Si on t'envoie des livrables, accuse réception.
Fais un petit commentaire, ça coûte rien de dire merci beaucoup, bon travail, c'est super ou si c'est pas du bon travail, fais aussi un feedback constructif. Mais à l'inverse, à l'autre extrémité de ce spectre, il aussi la surcommunication. Un partenariat, c'est pas un accès permanent à l'autre. J'ai pas besoin d'avoir de têtes nouvelles tous les jours et j'ai pas besoin de te rendre compte tous les jours. Donc on évite par exemple les messages constants, surtout quand l'autre n'a pas répondu.
On évite les appels à l'improviste, surtout le soir, les sollicitations et les relances incessantes quand quelqu'un ne répond pas. C'est vrai que l'autre peut mettre un délai déraisonnable à répondre, mais c'est pas une justification pour le relancer sans cesse de façon passive-aggressive, voire agressive tout court. Comme je n'ai pas eu de réponse à mon présent e-mail, voilà, il un petit peu de tolérance. Certaines personnes sont peut-être sous l'eau avec d'autres projets en cours, probablement.
ou traverse aussi quelque chose de personnellement difficile. Moi j'ai toujours ce principe de laisser le bénéfice du doute, mais c'est vrai que si c'est récurrent, bon, à un moment on en parle. On ne pas laisser s'installer le ressentiment, les malentendus, une forme de remarque qui ne nous a pas plu ou d'action qui n'était pas très alignée avec l'esprit du projet. Et puis on en parle tout simplement à la personne concernée.
Kasia (34:18.018)
Tout le n'a pas fait de stage en communication non violente, mais ça peut servir de juste y aller avec une attitude de curiosité. Explique-moi ce qui s'est passé pour toi, comment ça se fait, voilà ce que j'ai capté, est-ce que c'est ton impression, comment ça s'est passé. Parfois, juste ça, suffit pour que la personne dise « bah oui, je suis vraiment désolée, j'ai totalement mal interprété ou j'aurais pas dû faire ça, ça ne se reproduira plus ». Et puis on clôt la discussion plutôt que de laisser le truc sans l'isier et sans vénimer. Bon.
Ça me paraît évident, mais ne pas mentir. Ne pas mentir sur le projet. Ne pas survendre. Je pense que c'est aussi important pour être un bon partenaire. Ne pas promettre la Lune quand en fait on ne pas le garantir. Communiquer et être transparent sur les risques pris et sur les incertitudes du projet. Ne pas changer constamment d'avis aussi. C'est très déroutant quand on envoie une version et puis la personne dit « finalement, ce n'est pas du tout ça, ce n'est pas du tout la bonne piste ».
ça peut arriver de changer d'avis, mais si ça arrive plusieurs fois au cours d'un même processus créatif, un projet, c'est trois projets en fait. Et du coup, c'est plus le même budget, c'est plus le même deal. Je pense aussi qu'il faut être indulgent avec les autres, notamment quand on délègue. Si tu délègue ton travail avec quelqu'un, forcément, ce ne pas fait comme toi, tu l'aurais fait. Et ce n'est pas le but de la délégation. Ce n'est pas que l'autre te remplace de façon parfaite, c'est que l'autre te remplace de façon satisfaisante.
on vise la mention assez bien pour que toi, ça te dégage du temps pour faire d'autres tâches à haute valeur ajoutée. Donc je pense parfois, il faut être indulgent sur les petites erreurs, sur les approximations, sur... j'aurais pas dit ça comme ça, moi j'aurais formulé ça autrement, ok, mais sauf que toi t'as pas le temps de le faire. Donc l'un dans l'autre, c'est quand une bonne chose d'avoir un prestataire externe qui fait pour toi. Quand tu donnes du feedback, bien sûr, donne du feedback constructif.
Dis ce qui ne te plaît pas, dis ce qui te gêne, dis ce que tu voudrais qui change de façon très claire. Et moi, j'aime bien faire d'abord du feedback à l'oral pour parler avec la personne, surtout si j'ai du feedback critique à lui donner. Et je fais une dernière passe par mail pour récapituler. voilà, les choses à changer pour qu'elle ait un document de référence à partir duquel faire les changements. Je pense une autre façon de ne pas être un partenaire toxique, c'est aussi de se souvenir que c'est juste un partenariat, qu'on n'est pas...
Kasia (36:38.67)
dans une relation monogame et exclusive et que oui, l'autre peut travailler avec d'autres clients, peut avoir d'autres projets. Tout comme nous, on peut avoir d'autres partenaires, d'autres prestataires. Ça va de pair avec une autre vigilance qu'il faut comporter, nous, les personnes qui sont très sensibles et très empathiques, c'est de ne pas prendre en charge l'expérience émotionnelle de l'autre. On peut avoir de l'empathie, on peut se comporter un être humain, mais l'expérience émotionnelle de l'autre n'est pas notre responsabilité.
puisqu'on travaille avec des adultes qui, normalement, savent se gérer, puisqu'ils ont une vie avant ce partenariat et ils auront une vie après. Donc ils sont assez adultes pour entendre ce qui ne pas, pour prendre leurs responsabilités, pour gérer leurs émotions et aussi, potentiellement, à envisager le fait que ça ne fonctionne pas et qu'on mette fin à un partenariat. La dernière chose que tu veux, c'est te retrouver dans un conflit interne de cette personne n'est pas bonne dans ce qu'elle fait.
mais je la garde dans l'équipe parce que je me sens trop mal de la virer. Parce que je n'ai pas envie d'être cette patronne ou ce boss intransigeant, je n'ai pas envie de lui enlever du travail alors que je sais qu'elle a besoin de bosser. Une des raisons pour lesquelles c'est si difficile de mettre fin à une collaboration, c'est justement parce qu'on est dans un rapport émotionnel où on est surinvesti, là on n'a pas à l'être. Et justement, qu'est-ce qui se passe s'il y a un problème ? Comment on fait pour gérer
les crises, et puis comment on met fin à un partenariat. Comme tu l'as vu, si tu te fais des points de communication réguliers, normalement tu devras avoir l'opportunité d'apporter à l'autre ce qui ne va pas. Si ça fait plusieurs fois que tu apportes le même sujet et que rien ne change, c'est un red flag qui, malheureusement, met en danger l'avenir de la collaboration. Les erreurs ponctuelles sont moins graves que les dynamiques globales. Tout le monde peut faire une erreur, tout monde peut faire une boulette, tout monde peut avoir une mauvaise journée, mais c'est la façon dont on répare derrière qui compte.
Si quelqu'un a été odieux et qu'il s'est rien passé derrière, il n'y pas eu d'excuse, il pas eu de réparation, c'est une dynamique qui n'est pas très bonne. Si tu sens que de façon globale les choses se détériorent, ça vaut le coup d'avoir une vraie discussion à ce sujet, de poser les choses de façon claire et si rien ne change, il faudrait y mettre un tam. Et ça ne veut pas dire forcément que tu t'arrêtes au milieu du truc, ça peut juste vouloir dire « je vais au bout de la mission et puis après j'arrête, je ne travaillerai plus avec cette personne parce que ça ne va pas
Kasia (39:05.806)
Mais parfois, tu es aussi dans une association plus longue, fait. Par exemple, tu as créé une entreprise avec des partenaires, tu as lancé une offre où vous êtes tous les deux dans la delivery et c'est un petit peu plus compliqué de se dire du coup, j'attends la fin de la mission et j'arrête. Je pense qu'il faut quand même peser les bénéfices et les coûts et les signes qui ne trompent pas, qui disent qu'il est temps de partir, c'est que tu as la boule au ventre. Chaque fois que tu vois le nom de la personne s'afficher dans ta boîte mail, sur ton numéro de téléphone,
ou que tu as une réunion avec elle. Ça, c'est des conditions de travail extrêmement pénibles et c'est du stress gratuit qui t'abîme la santé. C'est le genre de scénario où franchement le coût interrompre l'association, le partenariat, versus le coût à rester dedans est largement asymétrique. Autre signe qui te trompe, c'est quand tu te sens dénigré ou humilié, voire carrément exploité et c'est sans respect, sans rien. Tu as le aussi de partir quand la confiance n'est plus là.
quand il y eu des problèmes récurrents et que tu as perdu foi dans le projet. Même si c'est un projet que tu as vu naître et auquel tu as contribué dans son développement, fait tout projet peut vivre sans toi. On n'est pas irremplaçable. même quand on en a associé, il vaut mieux dire « il faut que je m'en aille et négocier une sortie plutôt que de rester dans un truc qui te bouffe. C'est au cas de changer d'avis. C'est au cas de changer aussi de priorité. Et quand ça ne te convient plus,
Quand c'est plus durable et que tu te vois plus tenir sur long terme, il faut avoir cette conversation difficile où tu... où non seulement tu annonces ton départ, mais aussi tu organises ta sortie. Parfois, tu ne pas pouvoir claquer la porte et t'en aller. Il y a un préavis, il y a des choses à boucler. Il faut que tu termines l'émission en cours, il faut que tu fasses le transfert vers peut-être ton remplaçant ta remplaçante. Il que tu rendes les fichiers. ça, tout ça, c'est la logistique du départ, mais voilà, on le clôture.
Et si tu en as envie, peux aussi faire un retour écrit à la personne en disant voilà pourquoi je m'en vais. C'est bien parfois d'avoir un feedback sur ce qui s'est passé, même si pas chaud, on est incapable de le lire, mais peut-être à froid, dans six mois, dans un an, on sera capable de lire et de comprendre, ok, voilà pourquoi l'autre est parti. Sur le moment, je l'en ai beaucoup voulu, mais aujourd'hui, je comprends sa position. Le mot de la fin, c'est finalement, les partenariats sont un mode de business assez fréquent et assez avantageux, mais...
Kasia (41:30.35)
Attention à ne jamais te mettre dans une situation où tu te retrouves dépendant d'un partenariat. Même quand une collaboration fonctionne très bien, n'oublie pas que c'est ta boîte, que c'est pas une boîte que tu as co-crée avec quelqu'un, sauf si c'est le cas évidemment. Et même si c'est une agence qui donne du boulot très régulièrement, continue de cultiver ton propre réseau, tes propres clients, devant tes propres offres. Parce qu'au moins tu es dépendante, plus ce sera facile de pouvoir poser tes limites, de pouvoir mettre fin à un partenariat.
de pouvoir clôturer une collaboration. Même si c'est un trou dans le chiffre d'affaires du trimestre, bien, c'est pas grave parce que le trimestre prochain, tu pourras te rattraper. Ne te retrouve jamais dans une situation où un seul client ou un seul partenaire représente la grande majorité de ton chiffre d'affaires et que sans elle, tu ne sais pas vendre. Si tu t'aperçois que c'est ton cas, bien, il n'est jamais trop tard pour commencer à y remédier. Même si aujourd'hui, tout se passe très bien et ma foi, je souhaite que ça continue de se passer très bien. Mais justement,
Le fait d'avoir d'autres clients, va contribuer à ce que ça continue à bien se passer. N'oublie pas, prends toujours un temps de réflexion avant de dire oui, et mets tout par écrit. Et c'est pas parce que t'as dit oui à moment que t'as pas le droit de changer d'avis. Un partenariat, c'est aussi un organisme qui est vivant. Donc il est tout à fait possible qu'un partenariat t'ait beaucoup apporté à un moment de ton développement et qu'il ne t'apporte plus grand chose aujourd'hui. Et c'est parfaitement OK d'y mettre fin. Voilà.
Si cet épisode t'a aidé à réfléchir à tes collaborations ou tes partenariats, laisse un commentaire, partage-le avec quelqu'un ou mets une note 5 étoiles si possible parce que ça aide à la visibilité. Si tu veux aller plus loin et échanger avec moi, je t'invite aussi à un café virtuel à réserver sur mon site bienàmoncontre.com. Et pour ma part, je te retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de Bien à mon compte. Prends bien soin de toi et de ton business.
Kasia (43:23.534)
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Je te dis à très bientôt pour un nouvel épisode et d'ici là, prends bien soin de toi et de ton business.