EP 89 (00:00.174)
En fait, un doudou émotionnel, c'est pas une activité qui est mauvaise en soi, c'est l'excès qui crée le doudou. Le sport, la nourriture, l'alcool, les plaisirs de la vie, divers et variés. Dans une certaine dose, ils sont très agréables, sont enrichissants et on en a besoin. Mais c'est quand ça devient excessif et que ça empiète sur d'autres types d'activités que ça devient problématique. Vous écoutez Bien à mon compte, le podcast business et bien-être pour les indépendants qui veulent transformer leur activité.
en une source de revenus réguliers, d'impact et d'épanouissement. Je m'appelle Cassia, je suis à mon compte depuis 2009 et je suis bien placée pour savoir qu'être indépendante c'est une aventure passionnante. Mais parfois c'est aussi se sentir seul face à des défis complexes. Pouver des clients, jongler entre les projets pro et la vie perso, ou encore traverser des périodes de doute et de creux, surtout quand on est hyper sensible et cérébral comme moi. Dans ce podcast, je partage des stratégies concrètes pour se faire connaître et signer plus de clients, des outils pour calmer les ruminations et les montagnes russes émotionnelles,
ainsi que des interviews d'indépendants inspirants qui montrent les mille une façons de s'épanouir à son compte. Alors si tu veux plus de clients, plus de plaisir et plus de sécurité dans ton activité indépendante, écoute l'épisode d'aujourd'hui.
EP 89 (01:15.502)
Bonjour, bienvenue dans un nouvel épisode de Bien à mon compte. Aujourd'hui, je fais enfin cet épisode des briefs de mon break d'Instagram que j'ai fait cet été. J'avais initialement prévu de le faire début septembre. Pour te donner un petit peu de contexte si tu n'as pas suivi les épisodes précédents, j'ai fait un break des réseaux sociaux cet été, enfin au mois d'août pour être exact, 30 jours où j'ai supprimé toutes les applications de contenu sur mon téléphone. Donc je n'ai pas créé et je n'ai pas consommé de contenu.
Et c'était 30 jours formidables dont j'avais envie de parler à mon retour de vacances. Sauf que je me suis dit que arrêter les réseaux pendant les vacances était « facile ». Tu vois que ce n'était pas forcément significatif. Les résultats que j'allais avoir allaient être biaisés par le fait que c'était les vacances. Et donc j'ai décidé de prolonger un petit peu l'expérience. Et là, comme on arrive fin octobre, je pense que c'est le bon moment pour faire un débrief un peu plus global.
parce que je crois que ce break des réseaux a vraiment impacté ma façon de non seulement de consommer du contenu mais aussi d'en créer. Parce que pour beaucoup d'indépendants, les réseaux sociaux sont une source de visibilité et de découvrabilité, voire une source clientèle. Mais parfois la relation entre la consommation et la création est déséquilibrée. Si je fais cet épisode, c'est parce que je pense que ça peut faire résonner des problématiques propres à d'autres indépendants qui sont peut-être dans cette même hésitation entre à la fois...
J'ai envie de réduire les réseaux sociaux par rapport à l'impact que ça a sur moi, sur mes facultés de concentration, le temps où j'y passe, voire même ma santé mentale. Et de l'autre côté, oui mais comment je fais étant donné que les réseaux sociaux sont aussi une source de prospection, de relations clients, voire d'acquisition ? Et pour parler de tout ça, je te propose de prendre les choses dans un ordre chronologique. Et en réalité, le début de l'expérience, c'était l'an dernier.
L'an dernier, au début du mois de septembre, j'ai décidé de virer tous les jeux de mon téléphone. Comme ça on dirait pas mais j'ai quelques vices, saches-le, et l'un d'entre eux c'était les jeux sur téléphone. C'était un truc, c'était limite une addiction. Et c'est une activité qui paraît anodine comme ça mais qui avait tendance à s'insinuer dans tous les recoins, dans tous les temps morts de ma vie. Et à remplacer les temps de lecture, à remplacer des moments d'interaction avec les autres ou juste des trucs logistiques.
EP 89 (03:33.554)
que j'aurais fait sur le moment mais que je n'ai pas fait parce que j'avais mon jeu ouvert. La sonnette d'alarme, a été de regarder mes statistiques d'usage, mes statistiques d'écran et c'était quand même assez flippant. Je me suis dit non, Lancashire, ce n'est pas possible, tu vas me supprimer tout ça. Donc j'ai décidé de tout supprimer de mon téléphone et ça a libéré une quantité d'heures dans ma vie. Je me suis mise à faire du tricot et du crochet. Je me suis remise sérieusement à la peinture.
En fait, j'ai récupéré grâce à ça un pan entier de ma vie. Un pan qui, autrefois, a été cramé, tu vois, par des activités qui, sur le monde, détendaient mais qui, en fait, ne m'apportaient absolument rien. Et je suis très heureuse de pouvoir dire un an plus tard que d'une part, ça ne me manque pas du tout. Donc c'était vraiment une addiction d'habitude, fait, de mauvaises habitudes, mais une fois que tu changes l'habitude à l'environnement, ça ne te manque pas. Ce pas une vraie addiction au sens de « si je n'ai pas le produit, je suis mal, je suis en sauvrage, je suis en redescente ».
Et donc cette année, je m'étais dit, la next step, c'est ça, c'est les réseaux sociaux, c'est les Reels. Bon, aujourd'hui, tu l'as compris, c'est un épisode assez perso où je vais te parler de ma vie, des recoins sombres de mon cerveau. Et l'un des avantages, comme je te disais, c'était de récupérer du temps de la vie. Néanmoins, l'un des effets négatifs, c'est que ma consommation de Reels a explosé.
Bon déjà, j'étais plutôt une consommatrice assez conséquente, étant donné que je crée du contenu depuis 12 ans maintenant, plus 12 ans sur Instagram régulièrement, donc forcément j'y suis souvent. Mais en plus, en explorant d'autres activités, que ce soit la cuisine, le tricot, le crochet, la peinture, je suis un peu tombée dans le piège d'Instagram avec cette bonne excuse, entre guillemets, de regarder plein de tutos. Je suis en train de découvrir de nouvelles disciplines, j'avais une soif d'apprendre, de regarder...
comment faisaient les gens pour faire tel ou tel point, pour faire telle création. Et mine de rien, la consommation de riz s'est explosée aussi à cause de ça. Au début, c'est un peu passé sous le radar parce que je regardais surtout des tutos, des tutos de création, de tricot, de crochet, de peinture, de cuisine, que sais-je encore. Et j'avais cette impression, cette bonne excuse, en tout cas cette impression vis-à-vis de moi-même, que comme c'était du contenu instructif et que je mettais en application parce que je me contentais pas de regarder, mais derrière je faisais.
EP 89 (05:51.648)
En tout cas, c'est ce que je me racontais, et bien que c'était OK, tu vois. Sauf que c'est comme une fenêtre ouverte dans ta maison, il a l'air qui s'engouffre, il y a les feuilles mortes qui arrivent, il les petites babettes qui rentrent. en fait, c'est pas juste je regarde quelques tutos, c'est aussi entre deux tutos, je vois une vidéo marrante, ou je vois une vidéo angoissante, ou je vois autre chose et en un rien de temps, on se retrouve à avoir passé des heures et des heures sur l'appli. Puis j'ai commencé à constater quelques effets néfastes de tout ça.
Un des trucs qui m'a vraiment marqué quand je l'en surdu compte, c'est que le soir, quand j'étais dans mon lit, moi je suis une lectrice, vois, c'est un truc que j'adore lire et c'était un peu mon rituel du soir que je me mets au lit avec un bouquin, je dis quelques pages et je vais dormir. Mais c'était arrivé à un moment où même prendre un livre, c'était devenu genre, non, je suis trop fatiguée pour lire, je suis trop fatiguée pour lire, que objectivement mes journées de travail, des fois c'est intense, mais bon, il pas exagérer non plus, tu vois.
Il n'y avait aucune raison pour que je sois aussi fatiguée. En fait, c'était une fatigue cognitive, tout simplement. Donc il y a eu ça. Et puis y a eu mes stats d'écran où je me suis dit, en fait, OK, super, j'ai arrêté les jeux, mais derrière, ma consommation d'instagram a explosé. Et donc on arrive tranquillement sur les vacances. Moi, je crois beaucoup au changement d'environnement pour nous aider à changer nos actions. Et là, je part en vacances. dis, c'est l'occasion idéale de amorcer quelque chose.
Je suis pas allée par quatre chemins, j'ai tout simplement supprimé les applis. Instagram, aussi TikTok, Facebook, Threads, toutes les applications où je peux consommer du contenu, je les ai supprimés en me disant je les réinstallerai peut-être plus tard, mais en tout cas là je veux passer 30 jours sans. J'ai engrené avec moi plusieurs personnes qui partageaient cet objectif et on a pu quand même échanger entre nous pendant toutes ces semaines. Et c'était super intéressant de suivre les conséquences sur chacun et bien sûr je vais en parler, mais je voulais vraiment planter le décor.
pour dire à la fois à quel point c'est insidieux cette consommation d'écran. On s'en rend pas compte, on se donne des bonnes excuses en se disant soit, bah ça me détend, après une longue journée de travail ou une journée stressante, ou j'apprends des choses. Sauf qu'il y a quand même, quand tu fais le calcul des bénéfices et des inconvénients, le nombre de tutos que je regarde par rapport au nombre de tutos que je réalise, quand même, c'est même pas 1 sur 10. Donc l'excuse du tuto, elle a bon dos. Et donc j'ai arrêté pendant 30 jours.
EP 89 (08:18.734)
Alors c'est vrai, les vacances ont aidé. Parce qu'il a changement de contexte, on passe quand même moins de à son bureau devant un écran, il a pas mal de choses à faire, à visiter. Bref, y plus d'interactions sociales, en tout cas en ce qui me concerne ça a été le cas. Donc j'avoue que cette expérience elle-même, n'a pas été trop difficile. Ça a été un petit peu déboussolant les premiers jours, mais en fait j'ai pas ressenti de sensation de manque. À aucun moment je me suis dit « j'ai tellement envie de me regarder un reel ». Pas du tout. Il a deux choses qui me manquaient, la première c'était déjà de créer du contenu.
parce que vraiment j'ai pris l'habitude depuis des années et des années de partager des bouts de ma vie, des bouts de mes réflexions sur les réseaux, donc c'était presque bizarre de ne le faire. Mais bon après tout, ça m'est déjà arrivé de faire un break pendant les vacances, c'était pas trop méchant non plus. Mais surtout, le truc le plus bizarre, c'était de prendre mon téléphone avec une espèce de presque espoir d'y trouver une notification, un message, un truc rigolo, alors qu'il n'y avait plus ces applis-là.
Et pour avoir pu m'entretenir avec d'anciens fumeurs, le message qui revenait, c'est qu'en fait, c'est pas tant la clope qui me manque, le geste. Le geste qui scandait ma journée au réveil, après le déjeuner, pour couper la matinée, au café avec les collègues ou en soirée. C'était vraiment le geste plus que la nicotine elle-même. Et je crois qu'il y avait un truc comme ça aussi avec Insta. J'avais plus cette récompense dopaministique que j'allais chercher auparavant.
Et ça, a été le plus désarcenant. Mais après, c'était pas non plus violent, c'était pas... J'avais pas de sueur froid, quand on était pas là. Mais du coup, ce qui est fascinant, c'est que quand toi t'arrêtes les réseaux, tu remarques que les autres consomment énormément. Et je dis ça sans jugement. Tu quand il a des temps morts en société, entre guillemets, et que tout le monde autour de toi est sur son téléphone, et toi, t'es la seule personne qui n'est pas sur son téléphone parce qu'il a rien dessus, ça fait bizarre.
c'est un petit peu comme être la seule personne qui ne boit pas en soirée. Tu peux avoir des moments de solitude et avoir envie du coup de prêcher la bonne parole et de dire mais non mais lâchez ce téléphone et ayez une vraie discussion sauf qu'il a quelques semaines encore j'étais cette personne là qui a été les yeux arrivés sur son écran donc bon les leçons on va se les garder pour soi. Mais bref ça fait partie de ces moments de prise de conscience de à quel point vraiment les écrans ont pénétré nos vies. Et je souhaite que chaque personne qui écoute cet épisode
EP 89 (10:42.068)
fasse l'expérience pendant 30 jours de supprimer, alors je peux même pas des écrans, parce que des écrans c'est les ordinateurs, la télévision, les tablettes, les téléphones. Je parle même pas de ça, mais juste de supprimer les applications qui publient du contenu pour réaliser à quel point on est devenu addict. Mais addict par habituation vraiment à nouveau. suis même pas sûre que ce soit parce qu'on kiffe regarder les notifications, les news, mais tout simplement parce que ça capte notre attention.
ça nous donne une espèce de sensation de récompense. Et puis, ça nous donne l'illusion du temps qu'on met sur pause, d'une espèce de bulle où on ne plus à rien. Je ne sais pas si j'ai déjà évoqué dans ces épisodes la notion de doudou émotionnel, mais on est complètement là-dedans. Un doudou émotionnel, c'est une activité, ça peut être aussi une personne, un objet, un lieu qu'on utilise pour calmer ses émotions, pour réguler son système nerveux, pour faire redescendre l'activité cérébrale.
et duquel on a du mal à se passer. Pour certaines personnes, ce sont les écrans. Pour d'autres, c'est la nourriture. C'est l'alcool, la drogue, les jeux vidéo, ça peut être le sexe, ça peut être le sport. En fait, un doudou émotionnel, c'est pas une activité qui est mauvaise en soi, c'est l'excès qui crée le doudou. Le sport, la nourriture, l'alcool, les plaisirs de la vie, divers et variés. Dans une certaine dose, ils sont très agréables, ils sont enrichissants et on en a besoin.
mais c'est quand ça devient excessif et que ça empiète sur d'autres types d'activités que ça devient problématique. Et comme en plus, tu me connais, moi je suis dans la problématique des émotions, de l'hypersensibilité, donc forcément, que ce soit ma propre personne ou les gens que je côtoie le plus au quotidien, on est des personnes qui avons beaucoup beaucoup d'émotions à processer, une activité cérébrale intense, donc forcément on va être les bons clients des doudous émotionnels.
on va trouver dans ces doudous une espèce de pause, une espèce de suspension de tout ce broie qui va nous faire du bien. En tout cas nous donner l'illusion que ça nous fait du bien. Parce que là aussi si on fait le bilan, si on regarde de près ce qui se passe, on va se rendre compte que non, ce n'est pas aussi joli que ça en a l'air. Parce que cette consommation, a des conséquences. Elle a des répercussions sur de nombreux domaines de notre vie, y compris là où on n'aurait pas forcément l'idée d'aller chercher.
EP 89 (12:59.848)
Une surconsommation de décran, impacte vraiment nos facultés cognitives puisque c'est des informations à traiter en continu. Pour des cerveaux qui sont déjà en train de traiter énormément d'informations et qui sont déjà, on va dire, en surpression, en sur régime cérébral, c'est pas du tout bon de rajouter de nouvelles informations, tu vois ? Finalement, le doom scroll qui consiste à rester parfois des heures dans son canapé, dans son lit à scroller, pour moi, il quelque chose qui me rappelle les épisodes d'hyperphagie où t'arrives
pas à t'arrêter de manger, tu manges, tu manges. La saciété, tout ça, on l'a dépassé depuis longtemps. Mais juste, c'est l'impression de ne pas pouvoir t'arrêter et que t'es entraîné dans l'espèce de mouvement que tu peux observer mais que tu peux pas contrôler. En réalité, on peut toujours dire stop. Mais c'est l'illusion que ça donne qu'on ne pas, qui est dangereuse. C'est de croire qu'on n'a plus qu'à subir, en fait, qui est problématique. Donc on accumule, on accumule des informations, on voit des choses, mais on n'a pas le temps de les processer.
Et là, on pensait se reposer, fait, ça nous épuise davantage. Et je te parle même pas de l'impact de la lumière bleue sur les yeux. C'est vraiment des choses qui détraquent notre rythme circadien. À partir du moment où j'ai arrêté, à partir du moment où j'ai pris du recul, il a des effets positifs auxquels on s'attendait. C'est-à-dire, j'arrivais à nouveau à me concentrer, je peux lire pendant des heures sans m'arrêter. C'est génial parce que j'adore lire. Mais il a d'autres effets que je n'avais pas soupçonnés. Le premier, c'est de me sentir un peu plus à fleur de peau.
Parce que justement quand on enlève l'anesthésio, quand on enlève le doux doux émotionnel, on se retrouve face à ses propres émotions. Et là, le fait de ne plus avoir d'échappatoire, entre guillemets, ça nous force en quelque sorte à nous confronter à nos émotions beaucoup plus vite que ce qu'on aurait fait si l'échappatoire était là. Quand on est face à face avec notre émotion et qu'il a aucun autre endroit où aller, sinon la traverser, et bien ça permet d'accueillir plus vite et de processer plus vite. Donc ce que j'ai remarqué, c'est que mon anxiété
moi je suis plutôt hyper sensible à tendance anxieuse et que ça a vraiment diminué mon anxiété de moitié. Au retour des vacances, je me suis dit oui mais ça se trouve, c'est parce que c'était en vacances. Donc tu t'es reposé, t'étais bien, t'as bien dormi, donc on peut pas tout mettre sur le dos des réseaux, c'est peut-être pas ça. Sauf que deux mois plus tard, j'ai repris mon travail mais je n'ai pas repris ma consommation des réseaux et mon anxiété n'est pas remontée. Alors même qu'il se produit des choses dans le monde qui sont absolument effrayantes et très anxiogènes,
EP 89 (15:25.15)
je dirais que mon niveau d'anxiété est standard. C'est-à-dire, bon, il se lève mais dans des proportions de sonnes toutes raisonnables et compréhensibles, en fait. Donc ça, ça a été une grande surprise. L'autre surprise, c'était que quand je suis rentrée de vacances et que j'ai repris la création de contenu, j'ai eu peur de retomber dans la soupe. Je me suis dit, bon, voilà, les vacances sont terminées, est-ce que ça va durer ? Et pareil, deux mois plus tard, je suis très fière de pouvoir te dire que non, je ne suis pas retombée dans les réels. Le Doomscroll...
n'est plus une activité qui m'occupe. Alors je vais pas te dire que je n'ai pas regardé le moindre rail depuis deux mois, c'est pas vrai, parce qu'il des comptes que j'aime beaucoup suivre et j'y vais intentionnellement pour voir leur contenu. Et oui, j'ai encore des tutos qui sont enregistrés dans ma bibliothèque Insta qui attendent d'être lus. Mais ma consommation, d'une part, elle est beaucoup plus intentionnelle. J'ai moins l'impression de le subir, genre c'est moi qui vais le chercher parce que j'ai un truc en tête. Et j'arrive à saturation beaucoup plus vite.
Avant je n'avais même pas de seuil de saturation, c'est-à-dire que je pouvais scroller pendant des heures, je n'arrivais pas à mettre une limite. Là, même parfois au bout de deux, trois vidéos, je la sens clairement tomber, cette espèce de chape de plomb qui me dit stop, c'est trop d'informations d'un coup, c'est too much. Et j'arrive à m'arrêter spontanément. Et ça, trouve ça génial. Gouter un peu à la vie sans être accros écran, c'est plutôt cool. Donc j'ai encore plus de temps pour moi cette année.
j'arrive à peindre quasiment tous les jours. Les années précédentes, il fallait que je m'inscrive en atelier pour être sûre de pratiquer au moins une fois dans la semaine. Cette allette, j'ai pas besoin de me le mettre dans le calendrier, c'est devenu un plaisir non négociable. Après le dîner, je m'assois 45 minutes, une heure parfois plus pour peindre et c'est génial. Je trouve ça génial aussi d'avoir perdu de l'intérêt pour les rils en tant que contenu. À petite dose ça va, mais vraiment l'espèce de avalanche de contenu
L'un sur le du voyage, l'autre sur le thème de la cuisine, l'autre encore un thème politique. Sachant qu'on n'est jamais déçus avec l'algorithme d'instar. L'algorithme est associé de Diabolik, qui très vite comprend ce qui nous intéresse. Donc à la fois il va nous proposer plein de contenus sur le même thème, mais il ne pas nacher suffisamment et nous proposer suffisamment de variétés pour pas qu'on se lasse. Parce que si c'était tout le temps la même chose, à la limite, ce serait plus facile de se lasser. On arriverait beaucoup plus vite à ce point de saturation.
EP 89 (17:46.282)
Je parlais tout à l'heure d'Hyperphagie, mais j'ai vu un documentaire sur l'industrie agronomentaire et le développement de la malbouffe depuis les années 60-70 jusqu'à aujourd'hui. Et l'attrait de la malbouffe réside notamment dans le fait qu'on n'atteint jamais, on est toujours à la limite, mais on n'atteint jamais ce qu'on appelle le bliss point, c'est-à-dire le point de satisfaction ultime, le point de satisité après lequel ça ne peut que redescendre. Quand tu concernes la malbouffe, t'es toujours dans l'espace de montée et il n'y a pas cette notion de seuil, de saturation, satisité, donc on n'arrive pas à s'arrêter. Et ils ont réussi.
ces génies maléfiques, à recréer la même expérience avec les algorithmes des réseaux et à nous maintenir sans cesse avant le bliss point pour pas qu'on se lasse. Je suis heureuse vraiment de m'être offert cette expérience de 30 jours de detox parce que ça m'a permis de le trouver. Mon point de saturation est beaucoup plus faible. Un autre changement qui est survenu à l'issue de ce break et que j'ai surtout vu à la rentrée, là en reprenant le travail, je me suis rendu compte que
Maintenant que je le dis, ça me paraît évident, mais que mon mode de création de contenu préféré, c'était le format long. Moi, j'aime bien aller en profondeur. J'aime bien creuser les sujets. J'aime bien faire des digressions. J'aime bien faire des longues introductions et esquisser les enjeux d'un sujet avant de m'y attaquer. Voilà pourquoi déjà le fait d'avoir un podcast, je trouve que ça me correspond beaucoup plus. J'ai également une newsletter. J'ai aussi une newsletter et pareil sur Insta.
Très souvent quand même quand tu viens sur mon compte Insta, c'est plutôt des carousels, c'est plutôt des choses assez longues et j'entends que c'est pas forcément le format qui performe le plus sur Insta aujourd'hui. Ça n'a pas toujours été le cas mais à l'heure actuelle, on va se dire ce qui est, pas forcément le cas. Et j'ai décidé d'être OK avec ça. C'est comme si émotionnellement j'avais pris mes distances avec Instagram. Instagram a évolué et on n'est plus forcément aligné tous les deux, un peu comme dans une relation en fait.
Instagram est un partenaire de travail avec qui ça s'est très bien passé pendant un moment et avec qui ça se passe moins bien. Mais en même temps, ça continue d'être intéressant, donc il n'y a pas de raison de vraiment y mettre un terme. Mais peut-être la relation doit être reconfigurée. Je sais pas si tu sais, mais les créateurs de contenu sont l'une des catégories socioprofessionnelles les plus exposées au burn-out. Quand j'ai entendu ce chiffre, je n'ai pas du tout été surprise parce que ça me rappelle toutes ces vidéos d'influenceurs qui disent « être influenceur, c'est un métier difficile et...
EP 89 (20:12.118)
Bon parfois on en rigole, mais c'est vrai, le quotidien d'une créatrice de contenu lambda ce n'est pas du tout les voyages au Maldives. C'est beaucoup de préparation, beaucoup de tournage, beaucoup de post-production et beaucoup d'angoisse aussi sur les performances. Moi la chance que j'ai c'est que c'est pas mon audience qui me paye, je me négligent pas à mon audience et donc quand mes stats de visibilité baissent, je suis quand même touchée mais j'ai pas non plus un impact direct sur mes ventes chaque mois tu vois.
Les créateurs de contenu qui sont dans cette logique-là de modéliser leur audience et qui vivent littéralement de leur vue, franchement, c'est pas un business model où t'es serein. L'algorithme change tout le temps, il y a des trends en permanence et puis ta vie change. Il a quand même une grande différence entre créer des contenus quand t'as 16-18 ans et entre guillemets beaucoup de temps devant toi et quand t'as un âge, 32 avec deux enfants en bas âge à gérer plus un job à plein temps, c'est quand même pas la même ritournelle quoi.
Moi, truc qui me fait profondément suer, c'est tout ce qui est mise en page et carousel. Je sais que je pourrais faire des trucs plus jolis avec du design sur Canva, mais ça me fait chier d'une puissance. Désolée pour les gros mots, mais ça fait partie de ces trucs où je me dis mon temps est mieux utilisé ailleurs. Là, je te livre ma pensée au jour le jour, donc ça peut évoluer. Mais moi, j'ai décidé que je n'avais pas envie changer pour Instagram. Je sais qu'il faut quand même parfois s'adapter, mais je n'ai pas envie de m'adapter.
J'ai pas envie de changer parce que l'une des choses que je répète le plus à mes clients et que j'applique moi-même, c'est que rien ne te force à être sur aucun réseau. Il y a d'autres façons de trouver des clients. Si tu décides de publier du contenu sur Instagram, faut que ça te fasse aussi plaisir. Et ce qui me fait plaisir aujourd'hui, c'est de ne pas avoir de rythme de publication comme j'ai pu en avoir par le passé. Il encore deux ans, j'étais vraiment sur un poste par jour, qu'il pleuve, qu'il vante, quoi qu'il se passe dans ma vie, y compris pendant les vacances. Aujourd'hui, j'ai plus envie de ça.
C'est comme si ce break que j'ai fait avec Instagram m'avait permis de me donner la permission, parce que bien sûr il n'existe absolument aucune autorité qui te dise « tu dois absolument faire comme ça, c'est nous-mêmes qui nous mettons ces contraintes ». Mais parfois prendre du recul, ça permet aussi de prendre conscience des pièges et des prisons dans lesquels on se met tout seul. Mais donc si toi aussi Instagram fait partie de ta stratégie d'acquisition mais que ça te fait suer, vraiment ne te mets pas la ratte au courbouillon à cause de tes stats.
EP 89 (22:36.238)
parce que ton nombre de vues ou de likes, ce n'est pas ton chiffre d'affaires en fin de mois. Voilà un petit peu où mes réflexions m'ont menée et que j'ai envie de partager avec toi parce que c'est fou quand même le nombre de choses qui peuvent découler d'une seule décision, qui est celle de se lâcher un peu, qui est celle de juste prendre du recul. C'est une règle générale assez intéressante en fait, de se dire bon là j'ai un rapport compliqué à ça, ça peut être Instagram et son algorithme, ça peut être la prospection, ça peut être un partenariat.
il a quelque chose qui coince et j'ai pas la solution. Peut-être que ce serait pas mal de prendre du recul pour mieux voir le problème ou d'en parler à quelqu'un de professionnel pour avoir son expertise et sa mise en lumière. L'entreprenariat n'est pas censé être une partie de plaisir tout le temps, mais c'est pas non plus censé être une torture. Donc s'il y a une partie de ton activité qui est vraiment pénible au point où ça te remet en question ton envie d'être à ton compte, questionne plutôt le bien fondé de cette activité-là. Est-ce que tu as vraiment besoin de faire ça
Est-ce qu'il a pas d'autre façon d'obtenir un résultat similaire ? Peut-être des façons encore plus efficaces et plus agréables. Parce qu'il des business, il y en avait avant les réseaux sociaux et il y en aura aussi après. Le mot de la fin pour conclure ce podcast, ce serait de prêter attention à ce que tu fais pour te détendre, à ce que tu utilises comme activité pour décompresser, relâcher la pression ou carrément penser à autre chose.
Attention à ce que le bilan définitif global, à ce que le résultat net soit positif et que les choses qui sont censées t'apporter du repos, du bien-être ne soient pas en réalité des choses qui t'en enlèvent. Si tu as envie de te reposer, honnêtement l'une des meilleures choses que tu puisses faire pour ton cerveau, c'est de réduire le nombre de stimuli. C'est le silence, c'est le sommeil ou c'est le focus mais sur une seule tâche.
Crois-moi, c'est bien plus efficace que de t'abreuver d'informations et de stimuli qui vont te donner des envies et des idées dans tous les sens, mais sans la capacité et sans le temps de les réaliser chacune. Voilà, finalement, on en revient à cette idée de sobriété et d'intentionnalité. Rien n'est interdit, rien n'est prohibé, mais faisons les choses avec intention. C'est-à-dire pas par défaut, pas parce que c'est le geste qui me rend accro. Faisons-le en pleine conscience et ça ira bien, vraiment.
EP 89 (24:58.638)
Voilà, c'était mon partage personnel. Si tu l'as trouvé intéressant et si tu as toi aussi une expérience à raconter avec un douteux émotionnel avec les réseaux, bien, je t'invite à me contacter, à m'écrire parce que moi, les expériences des autres, m'intéresse tout autant que les miennes. Je continue de, entre guillemets, de sévir sur Insta. Je suis quand même présente. Je suis toujours là sur Insta. Donc tu peux toujours m'écrire là-bas. Tu peux aussi m'écrire sur mon mail ou me trouver sur mon site www.pirellamoncontre.com.
Là-dessus, je te souhaite une très bonne semaine. Prends bien soin de toi et de ton business.
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Je te dis à très bientôt pour un nouvel épisode et d'ici là, prends bien soin de toi et de ton business.